WindhoekDes gratte-ciel compacts dominent une ville prospère (plus de 100000 hab.), à la forte personnalité. Par son style, la capitale évoque l'Ancien Monde; elle a hérité son allure pittoresque des Allemands, qui en firent le chef-lieu de leur colonie, il y a un bon siècle.
Malgré son nom, qui signifie "coin venteux", Windhoek ne connaît guère de vents violents et jouit, dans l'ensemble, d'un climat sec et agréable. Son altitude (1650 m) lui vaut d'échapper largement aux fortes chaleurs qu'on s'attendrait à subir en Afrique!
Si dynamiques que soient les buildings précités, le charme de l'endroit tient à ses témoins - peu élevés - de l'ère coloniale. Rendez-vous d'abord à l'Alte Feste. Palmiers et jardins atténuent la sévérité de ce fort blanc, conçu en 1890 par Curt von François. La plus vieille construction de la ville abrite à présent une section du musée d'Etat, qui évoque l'histoire et la culture du pays, de l'époque tribale à l'indépendance. Bâti à la fin de la période allemande, le Parlement doit son surnom de Tintenpalast (palais de l'Encre) aux tonnes de papier que les bureaucrates y noircissaient.
La Christuskirche (église du Christ) date, comme le Parlement, du tournant du siècle; elle fut élevée en signe de reconnaissance pour célébrer la fin des luttes entre les Allemands et les tribus locales. Affecté au culte luthérien, ce bel édifice néogothique possède une tour en grès du pays, aussi élancée qu'élégante. Les vitraux furent offerts par l'empereur Guillaume II.
Le long d'Independence Avenue (ex-Kaiserstrasse!), principale artère de Windhoek, les bâtiments d'allure germanique contrastent avec les récentes bâtisses de style international. Il vaut la peine de flâner et de faire ses emplettes sur cette avenue, avant de souffler un peu à une terrasse de café. Là encore, la bière rappelle le passé; les passants, eux, illustrent le brillant mariage des cultures européenne et africaine.
Le CentreLa capitale se recommande par sa couleur locale, son charme et sa propreté, mais c'est aussi une bonne base d'excursions. Le Daan Viljoen Game Park, à cet égard, se situe à une petite demi-heure de route. Il vous fournira l'occasion d'approcher les bêtes des hauts plateaux: springbok, zèbre de montagne, bubale, éland (la plus grande antilope d'Afrique). En l'absence d'animaux dangereux, lions ou autres, vous pourrez explorer ce parc à pied: il vous suffira de suivre les pistes balisées. Les passionnés d'ornithologie seront également à la fête.
Dans les montagnes au nord de Windhoek, le Von Bach Dam, à la fois barrage et station de détente, est un des buts d'évasion favoris des sportifs de la capitale - pêcheurs en particulier, car la retenue regorge de poissons.
La route et la voie ferrée, pour atteindre la côte, obliquent vers l'ouest à Okahandja (à env. 70 km au nord de Windhoek). Cette ville attrayante fut la capitale historique des Hereros. Chaque année, en août, des foules bigarrées s'y rassemblent à l'occasion d'un service en mémoire des chefs hereros enterrés en ces lieux. Là se trouve aussi la tombe du chef Jonker Afrikaner, à l'origine ennemi juré des Hereros. Monument national, l'église fut bâtie dans les années 1870 après la fondation d'une mission.
Directement au sud-ouest d'Okahandja, Namibiens et étrangers fréquentent une somptueuse station thermale, sur le site d'une mission historique. L'endroit s'appelle Gross-Barmen, en souvenir de la ville allemande d'où vinrent les missionnaires, dans les années 1840. Les ruines de ladite mission et d'un camp militaire subsistent. Les eaux, chargées en fluorures et en sulfures, jaillissent à une température si élevée qu'on doit les refroidir afin de les rendre propres aux bains thermaux; moins chaudes encore, elles alimentent la piscine à l'air libre.
Jonction importante, Karibib, à l'ouest d'Okahandja, doit sa prospérité au rail ainsi qu'à une mission. A signaler encore une mine d'or, non loin de là. Le sous-sol se montre vraiment riche ici: la région fournit un marbre réputé et recèle des réserves de gemmes.
Omaruru, sur la route de l'Etosha National Park, a vécu des heures sombres. En 1904, les Hereros assiégèrent le poste de police établi par les Allemands, et il y eut de lourdes pertes. Un musée retrace cette guerre Herero, notamment la tragique bataille d'Omaruru.
Les monts Erongo attirent les touristes tant par leur décor accidenté que par leurs vestiges de l'âge de pierre. Le site le plus connu à ce propos, la grotte Phillips, abrite une peinture murale - un éléphant - remarquable par ses détails.
Vous découvrirez d'autres peintures rupestres près des Spitzkoppe, groupe de pitons granitiques qu'on a baptisé… le "Cervin de la Namibie". Ces pics, surgissant de la plaine, paraissent bien plus élevés qu'ils ne le sont en réalité (environ 1800 m).
Au nord d'Omaruru, la voie ferrée traverse Kalkfeld, village dont les traces de dinosaures ont assuré la notoriété. Les empreintes en question, vieilles de plus de 150 millions d'années, constituent à présent un monument national fort visité.
Le rail dessert ensuite l'embranchement d'Otjiwarongo, un marché florissant où une ferme aux crocodiles attend les passionnés de faune.
Des animaux fascinants hantent le Waterberg Plateau Park. Ce parc national englobe en presque totalité le sommet aplati et fertile d'une montagne qui se dresse, saisissante, à l'est d'Otjiwarongo. Les lieux sont d'une luxuriance surprenante; lors de leur repeuplement, priorité a été donnée à des espèces en voie d'extinction. Le rhinocéros blanc ou noir, le cheval rouan, l'antilope noire, la girafe, le guépard - et un vautour d'une espère rare - y prospèrent depuis. Le Waterberg est également connu pour ses peintures et gravures rupestres.
Les curiosités géologiques constituent une particularité du pays Damara, à l'ouest d'Otjiwarongo. La palme revient à cet égard au Vingerklip ("doigt"), étrange monolithe calcaire de 35 m de haut, dégagé par une érosion millénaire.
Petrified Forest Monument national proche de Khorixas, la Petrified Forest (Forêt pétrifiée) est une merveille: ses troncs fossilisés, qui auraient 200 millions d'années, surprennent par leur état de conservation. Selon les géologues, ces fûts, déracinés dans une forêt éloignée, furent charriés jusqu'ici lors d'un déluge digne de la Bible. Twyfelfontein A proximité, Twyfelfontein offre l'une des plus remarquables concentrations d'art rupestre qui soient en Afrique. Des milliers de peintures et de gravures primitives - lions, éléphants, girafes, rhinocéros - illustrent les préoccupations des chasseurs de l'âge de pierre. L'ensemble remonte probablement à des milliers d'années… Burnt MountainAutre caprice de la géologie: des orgues se silhouettent, tels des gratte-ciel d'allure surréaliste, près de la Burnt Mountain (Montagne brûlée), désolée à souhait. On attribue à cette formation basaltique 100 bons millions d'années. Le SudAgréable "capitale du Sud", Keetmanshoop fut fondée par des missionnaires allemands dans les années 1860. L'église de la mission date de 1895; désaffectée, elle abrite un musée empli de souvenirs coloniaux et d'objets d'intérêt ethnographique. Les agriculteurs du secteur élèvent le caracul pour sa laine et sa fourrure.
Le climat, chaud et sec, convient à cet ovin originaire d'Asie centrale. (Parfois dénommé "agneau de Perse", le caracul est appelé swakara en Namibie.)
L'aridité de la région, au nord-est de Keetmanshoop, explique l'existence de ces végétaux étranges qui composent par centaines la Kokerboom Forest. En réalité, le kokerboom - ou "arbre carquois" - n'est pas un arbre mais un aloès géant, haut de 8 m, desséché et décortiqué comme un dragonnier.
La Namibie a aussi son Grand Canyon: le Fish River Canyon, un ravin d'une largeur maximale de 27 km et dont la profondeur dépasse 500 m par endroits. Au fond d'une gorge aussi grandiose, la rivière elle-même paraît maigrelette, n'offrant guère qu'un filet d'eau, sauf en période de crue.
La station thermale d'Ai-Ais ("eau bouillante") se situe dans le décor désertique du canyon. Grâce à ses sources chaudes, un centre de cure des plus modernes traite des cas très variés, et tout est prévu pour le repos et la détente.
Bethanie garde un certain intérêt pour les passionnés d'histoire. C'est là que les autorités coloniales allemandes et les Hottentots signèrent leur premier traité. Le village possède la plus vieille habitation européenne du pays: une maisonnette à pièce unique, dite Schmelenhaus en souvenir du missionnaire Heinrich Schmelen.
Le NamibSi le port assoupi de Lüderitz fut le premier fondé par les Allemands au Sud-Ouest africain, son histoire remonte au passage du Portugais Dias, au XVe siècle. Le charme de ce site romantique est rehaussé par la fantaisie des constructions allemandes, qui datent de l'aube du XXe siècle.
Le Namib-Naukluft Park, le parc national le plus grand du pays et l'une des réserves naturelles les plus vastes du monde, couvre près de 50000 km2, soit plus que la Suisse ou encore un onzième de la France. La variété de ses paysages s'avère prodigieuse: montagnes, prairies, désert aux dunes gigantesques. La faune n'offre pas moins de diversité: zèbres de montagne, springboks, autruches et aussi aigles, faucons, etc. Il faut dire que la flore est également plus fournie qu'on ne le croirait: herbes, plantes grasses ainsi qu'un végétal primitif, Welwitschia mirabilis, qui se contente de l'humidité déposée par le brouillard ou la rosée! C'est dans le secteur central de Sossusvlei, qui passe pour posséder les dunes les plus hautes du monde - elles atteignent 300 m - que le désert se montre sous son jour le plus saisissant.
Walvis Bay, unique site portuaire en eau profonde entre Le Cap et l'Angola, est un port actif que fréquentent les minéraliers venus charger les produits du sous-sol namibien, et les chalutiers fournissant les conserveries locales. Autre ressource importante: le sel marin, comme l'indiquent les monticules aveuglants de blancheur, autour de la lagune.
Les marais voisins font courir les amateurs d'ornithologie. Très poissonneux, ils drainent des milliers de flamants et des bandes d'autres espèces, migratrices ou non. Des oiseaux de mer colonisent les vastes "îles" créées au large en vue de l'exploitation du guano, un engrais dont l'exportation rapporte gros.
La route C14, qui s'enfonce dans l'intérieur depuis Walvis Bay, vous amènera bientôt en plein désert, au milieu des dunes. Une belle glissade au flanc d'une de ces hauteurs est une expérience que vous n'oublierez sans doute pas de sitôt!
Les vacanciers de Namibie ou d'ailleurs fréquentent Swakopmund, au nord de Walvis Bay, de l'autre côté du fleuve. Ils apprécient le charme du site, la douceur du climat et l'attrait de la plage. Imaginez un coin de l'Allemagne d'antan, au bord de l'Atlantique Sud. L'endroit abonde en constructions ou autres témoins de la fin du XIXe siècle. Von François et Heinrich Göring (le père du futur maréchal…) tentaient à l'époque d'arrêter les guerres tribales et d'édifier une colonie.
Typique de l'ambiance "vieille Europe" qui baigne encore la ville, l'ancienne gare (1901), solide et majestueuse, doit à sa flèche et à ses vérandas un air incongru que soulignent des palmiers. Rénovée, elle abrite à présent un élégant hôtel de style colonial.
D'autres édifices remarquables, de même époque, parsèment les lieux: l'ancien palais de justice, un classique de l'Art nouveau; la vieille prison à pignon; des demeures comme les maisons Woermann (l'actuelle bibliothèque publique), Rittenburg et Hohenzollern.
Près de la plage, le musée occupe le vieil hôtel des Douanes. Ses collections traitent des diverses cultures indigènes (objets, armes, instruments de musique, ustensiles variés). Sont également abordés les thèmes du désert et de l'océan. Les guides font souvent admirer aux touristes une merveille de la révolution industrielle. Il s'agit d'une loco à vapeur de 1896, la… Martin Luther.
Pas besoin de s'aventurer loin de la ville pour découvrir le Namib, qui a donné son nom à la région et au pays tout entier. S'il présente une zone hérissée de dunes de rêve, ce désert offre surtout des étendues rocailleuses moins reluisantes. Là se trouve Rössing, site exceptionnel à signaler aux amateurs de superlatifs industriels. Ce serait la plus vaste mine d'uranium à ciel ouvert du monde; les visiteurs contemplent les énormes engins collectant le minerai dans l'impressionnante excavation.
Cape CrossC'est à Cape Cross, sur le littoral au nord de Swakopmund, que débarquèrent les premiers explorateurs venus d'Europe et que Diego Cão planta une croix. Le secteur forme une réserve d'otaries du Cap; il y en a des dizaines de milliers.
Skeleton Coast La Skeleton Coast doit son nom sinistre aux naufrages et autres catastrophes qui s'y sont produits. Le paysage, très varié, déroule des dunes, encore des dunes, de rudes montagnes et, bien sûr, une plage qui s'étire à l'infini. Les pêcheurs ramènent des prises de belle taille, mais aussi des requins - moins sympathiques.
Rançon du climat défavorable et des sols ingrats, la faune terrestre est plutôt pauvre: antilopes, chacals, autruches, voire des lions du désert, des plus rares de nos jours.
Le NordLa plus admirable réserve naturelle du pays, l'Etosha National Park, renferme lions, rhinocéros noirs, éléphants, girafes, zèbres, antilopes. Ce qui attire ces bêtes ici, c'est l'Etosha Pan, vaste cuvette que l'eau de pluie remplit parfois. A la périphérie aussi, pourtant, des sources permettent à une foule d'animaux de s'abreuver toute l'année. Fortement minéralisées, elles entretiennent un manteau végétal fait d'herbe, d'arbustes et d'arbres.
La traversée du parc en voiture prodigue des visions palpitantes. Vous apercevrez des hyènes, des gnous, des pangolins et diverses antilopes: le koudou, le céphalophe, l'éland, l'oryx, le tout petit dik-dik de Damara. Et il existe quelque 325 espèces d'oiseaux, aussi colorés que le pigeon à gorge lilas ou la pie-grièche à gorge cramoisie; à côté d'eux, le tangara pourpre, ou cardinal, paraît bien terne!
Au fil des années, Etosha n'a cessé de s'étendre ou de s'amenuiser, des polémiques éclatant lorsque les paysans et les amis de la nature se trouvaient en conflit d'intérêts. Selon les derniers chiffres, il couvrirait 22270 km2, autrement dit près de trois fois la Corse ou plus des deux tiers de la Belgique.
Près de la limite orientale du parc, Namutoni possédait vers 1900 un fortin. Longtemps en ruine, ce dernier - restauré - a retrouvé son allure des temps héroïques. Monument national, il héberge désormais des touristes. Okaukuejo, siège administratif, offre au visiteur nombre de commodités et une attraction saisissante: une mare éclairée la nuit, ce qui permet d'admirer les bêtes sauvages. Le troisième camp, Halali, doté d'installations modernes, se situe entre les deux précédents. Les trois sites restent ouverts toute l'année.
A l'est du parc, Tsumeb est une ville minière agréablement ombragée, qui tire sa prospérité de près de 180 minerais qu'on y trouve. Le sous-sol regorge non seulement de métaux à usage industriel: argent, cuivre, plomb ou cadmium, mais encore de gemmes et de cristaux, dont certains figurent au musée local.
Dernière curiosité superlative, près de la ville de Grootfontein : le météorite Hoba serait le plus gros aérolithe métallique jamais parvenu sur terre. Son poids atteindrait 55 tonnes. Découvert dans les années 20, il dut tomber il y a des milliers d'années.
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