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Guatemala
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CIUDAD DE GUATEMALA
La capitale guatémaltèque (Guate pour ses habitants), reliée à l'Amérique du Nord et du Sud par la route Panaméricaine, fut fondée il y a deux siècles sur le rebord d'un plateau cisaillé de ravins, un cadre superbe. Suite aux séismes, la plupart des édifices sont récents ou fortement restaurés. Etonnamment étendue, embouteillée et polluée, elle regroupe près du quart de la population du pays. Les avenidas vont du nord au sud, les calles d'est en ouest., la ville est découpée en zones : le centre proprement dit (Zona 1), commercial et animé mais plutôt défraîchie, sa périphérie (Zonas 2, 4 et 5) et la Zona Viva, où se concentrent banques et ambassades (Zonas 9 et 10) et les quartiers résidentiels. La ville est l'une des plus grandes agglomérations urbaines d'Amérique centrale.

Le Parque Central, composé du Parque Centenario et de la Plaza de Armas, encadrent plusieurs édifices imposants. Au nord, le Palacio Nacional, en pierre verte, abrite le siège du gouvernement. A l'est du parc central, l'énorme Catedral Metropolitana, commencée en 1782, recèle de trésors d'origine coloniale ou sacrée, récupérés à Antigua. A sa gauche, se trouve le Palais archiépiscopal, derrière la cathédrale, le Mercado Central est un marché récent (Le Parque Aurora possède un mercado analogue, en plein air). L'Ermita del Carmen, est au nord-ouest du parc central, la chapelle du début du XVIIe siècle et les églises : La Merced, coiffée d'un dôme, et Santo Domingo. Le Parque Minerva renferme une maquette de 36 m sur 72 restituant la topographie détaillée du pays, avec ses villes et villages. Dans la Zona 1, le Centro Cívico, siège du conseil municipal est un complexe moderne édifié de 1962 à 1966 ou l'Office du Tourisme Inguat est logé. La Capilla de Yurrita chapelle, au béton peint en rose pour imiter la brique, possède bulbes à la russe, porches et gargouilles gothiques, colonnes à spirales de couleur. Dans les quartiers sud, la Zona Viva regroupe les musées : le Museo Popol Vuh et sa collection privée d'art maya ainsi que diverses pièces archéologiques et relatives à l'art colonial, religieux ou profane, le Museo Ixchel de Traje Indígena illustrant les arts traditionnels locaux : céramique, joaillerie, tissage, peinture. Au sud du Parque Aurora, près des Musées d'Art moderne et d'Histoire naturelle, le fascinant Museo de Arqueología y Etnología présente la civilisation maya et des collections de sculptures, masques, poteries et 150 costumes indigènes. Une rotonde de verre montre les différents types d'habitations amérindiennes. Les ruines de Kaminal Juyú, mises au jour à la fin du XVIIIe siècle, est une cité maya préclassique, antérieure à l'essor de Tikal. En descendant jusqu'au Pacifique, entre le canal de Chiquimulilla et l'océan, un ruban de sables volcaniques noirs aligne bars et piscines.
L'une des villes les plus agréables, Iztapa (à quelques kilomètres de Puerto San José), offre en fin de semaine une ambiance de carnaval. Puerto Quetzal qui possède une plage est plus tranquille.

ANTIGUA
A 45 km à l'ouest de Guatemala City, l'ancienne capitale, ébranlée par les terribles tremblements de terre de 1773 et 1976, se love au creux de la verdoyante vallée de Panchoy, dominée par l'Agua, le Fuego empanaché et l'Acatenango. Antigua conserve beaucoup de charme, auquel les demi-ruines de sa grandeur passée ne sont pas étrangères. L'Unesco, conscient de sa richesse architecturale, l'a classée au patrimoine de l'Humanité. Assoupie tout au long de l'année, la ville se réveille à l'occasion de la Semaine sainte. Les rues, noires de monde et jonchées de tapis de fleurs, sont le théâtre de processions quotidiennes; Antigua renaît alors à sa gloire envolée. En toile de fond, les plus majestueux des volcans guatémaltèques veillent sur la cité: l'Agua (l'eau), le Fuego (le feu) et l'Acatenango.

En plein cœur, le Parque Central, bordé d'arcades, correspond à l'ancienne Plaza de Armas où se tenaient corridas, tournois, flagellations et exécutions. En des heures moins joyeuses, on y exécutait aussi les condamnés. On y vient aujourd'hui prendre le frais, à l'ombre des arbres, à l'heure où les écoliers en uniforme rentrent chez eux. Le dimanche s'y tient un marché artisanal. Il s'organise autour de la fontaine des Sirènes (1739), symbole de la ville. Autour, les bâtiments baroques ont un air trapu: les architectes inventèrent pour Antigua un style capable de résister aux secousses telluriques. En vis-à-vis, le Palacio del Ayuntamiento, le palais municipal, remonte pour sa plus grande part à 1743. On y trouve un petit musée exposant objets et armes coloniaux. Du côté sud, le Palacio de Gobierno (XVIe siècle) souvent malmené par des secousses sismiques abrite désormais divers services: police, bureaux, Office du Tourisme. A l'est, la Catedral Metropolitana, construite en 1669, occupe le site de la première cathédrale locale. Il n'en reste que deux chapelles et, en arrière, un fouillis d'arcades ruinées et de colonnes renversées. Bernal Díaz del Castillo, conquistador et historien espagnol du XVIe siècle, repose dans la crypte. L'Universidad de San Carlos de Borromeo, datant des années 1760, a survécu aux séismes. Entourée d'une galerie voûtée, et décoré de stucs, elle abrite le Museo Colonial, qui expose peintures, sculptures et cartes anciennes. Boutiques de jade et de souvenirs, pâtisseries s'égrènent le long des rues pavées de galets. Kashlan Po't est une coopérative spécialisée dans les textiles indiens. Une exposition permet de se familiariser avec les tissus, représentant une centaine de villages classés par région. A l'intersection de 5 Calle Oriente et de 1 Avenida Sur, la Casa Popenoe est une demeure du XVIIe siècle magnifiquement restaurée avec des meubles d'époque. L'Eglise de La Merced, à quelques blocs au nord du Parque Central achevée en 1767, est recouverte de stucs, c'est une vraie débauche de fleurs, plantes grimpantes et motifs géométriques. Le Convento de las Capuchinas, lui, fut bâti en 1736 pour des religieuses venues de Madrid et renferme un petit musée colonial. En face, l'église de San Francisco (1544), principal vestige du couvent du même nom, abrite dans un coin de la nef le caveau de Frère Pedro de Betancourt, béatifié en 1980. Toujours rénéré par les Indiens, celui-ci créa en 1650 le premier hôpital d'Antigua. Le mur est couvert d'ex-voto. A proximité, le Convento de las Capuchinas, terminé en 1737, a fortement souffert des tremblements de terre. On y trouve un petit musée colonial et, à l'étage inférieur, une étrange pièce circulaire atteinte par un tunnel. A l'ouest de la ville, le marché, très pittoresque, est un excellent endroit où acheter de beaux textiles brodés. Un peu plus loin, en direction du cimetière (Calle de Recoletos), Casa K'Ojon est un petit mais très intéressant conservatoire de la musique et des traditions dû à une initiative personnelle.

LE LAC ATITLAN
Situé à 1580 m d'altitude dans une vaste cuvette formée par une éruption, le lac Atitlán offre sans conteste les plus beaux paysages du Guatemala. Lisse comme un miroir le matin, il s'agite l'après-midi sous l'effet du xocomitl, le vent du sud. Le long de sa rive sud, trois volcans, la tête dans les nuages, montent la garde: San Pedro, Tolimán et Atitlán, le plus haut des trois, culminant à 3537 m. Sur leurs pentes fertiles se blottissent douze villages indiens, parlant trois langues différentes. C'est l'ancien "pays fleuri" des Mayas.

Sololá, perché dans les montagnes au-dessus du lac Atitlán, est réputé pour son marché haut en couleur. Le mardi et le vendredi, les rues et la place vibrent du rouge profond des costumes de la région. Sur le dos des vestes des hommes, peut-être reconnaîtrez-vous la chauve-souris, symbole du peuple cakchiquel. Si vous vous trouvez dans les environs le 15 août, ne manquez pas d'assister au festival annuel.

Magnifiquement situé sur la rive orientale du plan d'eau, Panajachel concentre les infrastructures touristiques. La petite ville est une base idéale pour partir à la découverte des villages indiens de la région. Certains tentent, en une semaine environ, d'accomplir le tour du lac en randonnée. Mais les excursions en bateau vers la rive méridionale sont de loin les plus populaires.

Santiago Atitlán, recroquevillé entre deux volcans, est le principal pueblo tzutuhil de la région. Le marché, surtout le vendredi et le dimanche, est parmi les plus hauts en couleur de l'altiplano. Comme ailleurs, les transactions ont lieu dans un silence quasi religieux. Les costumes des femmes, brodés de fleurs et d'oiseaux, sont superbes. Leurs coiffures de tissus, étonnantes, s'enroulent autour de la tête.

Dans la maison de l'alcalde (le maire indien, nommé par les siens), Maximón a élu domicile. Poupée de bois et de chiffons, l'effigie, incarnation syncrétique de San Simón et de l'ancienne divinité maya Mám, attend stoïquement les requêtes. On vient de très loin lui faire des offrandes. Sorte de saint Judas ou de demi-dieu idolâtre, les descendants des Mayas lui prêtent tous les pouvoirs et tous les vices. Il y a ceux qui croient en sa capacité de guérison et de protection et le prient d'intercéder en leur faveur; il y a les autres, qui le soupçonnent de violenter leurs femmes et le méprisent. Mais au bout du compte, il est là, chaque Vendredi Saint, lors de la grande procession. Pour obtenir sa bénédiction, la coutume veut qu'on lui crache sa fumée de cigare à la figure et qu'on l'abreuve d'alcool.

On peut également visiter le joli village de San Antonio Palopó, accroché en terrasses sur les flancs d'une falaise dominant le lac. San Pedro, au pied du volcan du même nom, est le moins touristique des hameaux du lac Atitlán. Tout autour s'étendent des plantations de café.

A quelques kilomètres de la Panaméricaine, sur la route de Guatemala City, Iximché fut la capitale des Indiens cakchiquel. Perchée sur un promontoire, cernée par les ravins, la cité, alliée un temps aux conquistadores, échappa à leurs razzias. Le site abrite un temple principal (traces de peintures murales) et deux jeux de balle.

CHICHICASTENANGO
Une route échevelée permet de se rendre à Chichicastenango, à 32 km au nord de Panajachel (une heure de trajet). Ce gros village de 6500 habitants, déserté les autres jours, s'anime le jeudi et le dimanche à l'occasion du plus beau marché du pays. Les Indiens venus des villages environnants installent leurs étals entre la vieille église de Santo Tomás (1540) et l'oratoire du Calvario, construit sur les restes d'un temple préhispanique. Si les touristes sont désormais nombreux à venir profiter de l'ambiance extraordinaire du lieu, le marché a malgré tout conservé son caractère authentique. Tôt le matin, les marchands de fruits et légumes, de dindons, de chaux et de poteries sont encore les plus nombreux. Sur les marches basses de l'église, les vendeuses de fleurs proposent bouquets de glaïeuls ou d'arums.

Sur le haut des marches, quelques hommes et femmes, les chuchkajau - des prêtres sorciers - balancent en psalmodiant des encensoirs rudimentaires faits de boîtes de conserves. Intermédiaires entre les anciens dieux et les Mayas d'aujourd'hui, ils connaissent les formules et les offrandes qui attireront l'attention des saints. Au milieu des nuages de fumée âcre et bleutée de la résine de copal pom, déjà utilisée par les Mayas, de vieilles femmes agenouillées implorent. A l'intérieur de l'église (l'entrée principale étant réservée aux chuchkajau, il convient de prendre la porte transversale), pétales de roses et bougies jonchent le sol - chaque flamme représente l'âme d'un mort. Devant les autels des saints, on prie pour que le ventre des femmes soit fécond ou pour que les récoltes soient bonnes - un autel pour le maïs, un autre pour les haricots, etc.

A Chichicastenango, les hommes les plus respectés sont les chefs des quatorze cofradías, des confréries chargées de veiller sur les saints de l'église. Choisis par leurs pairs parmi les personnages les plus influents du village, ils conservent leur charge une année durant et doivent, à leur frais, s'acquitter de l'organisation et du financement des fêtes religieuses. Nombreux sont ceux qui s'endettent pour dix ans, parfois plus. Le dimanche, vers 7h du matin, ils défilent dans les rues, portant images saintes et oriflammes.

Sur une colline à l'ouest de la ville, l'autel de Pascual Abaj ramène plus encore aux croyances en des dieux longtemps combattus par les Espagnols. Les enfants se proposeront sans doute de vous y conduire pour quelques quetzales (20 minutes de marche). Toujours vénérée, l'idole de pierre reçoit, le dimanche matin en particulier, la visite de pèlerins venus de tout le Guatemala. Au milieu des crépitements du feu et de l'encens qui se consume, hommes et femmes, sous l'égide des chuchkajau, invoquent les esprits. Pour les cas difficiles, on procédera au sacrifice d'un poulet.

De retour en ville, près de l'église, le petit Museo Regional vaut le coup d'œil. On y trouve une belle collection d'objets précolombiens - encensoirs, jades et céramiques - donnés par les Indiens au Père Rossbach, prêtre de Santo Tomás pendant une quarantaine d'années au début du XXe siècle.

A 20 km vers le nord, Santa Cruz de Quiché est également le site d'un beau marché, connu pour la qualité de son artisanat. L'église de la ville fut construite avec les pierres de l'ancienne capitale quiché, K'umarcaaj, située à quelques kilomètres vers l'ouest.

QUETZALTENANGO (XELA)
Située à 2335 m d'altitude, la deuxième ville du pays est vingt fois plus petite que Ciudad de Guatemala. Son centre ramassé au charme provincial s'articule autour du Parque Centroaméricano encombré d'arbres et d'un kiosque à musique à l'anglaise. Les familles indiennes des villages avoisinants viennent y vendre leur artisanat ou, parfois, s'y faire photographier au pied de la cathédrale en ruine - dont ne subsiste que la façade. Tout autour de l'esplanade, l'architecture se veut résolument néo-classique.

Sur les hauteurs, Zunil est connu pour son marché et pour les couleurs éclatantes des costumes de ses habitants: rose, pourpre et violet. En dehors du village, Fuentes Georginas est une source thermale connue depuis avant la Conquête. La façade jaune de l'église de San Andres Xequil, croulant sous les angelots colorés, est la plus délirante du pays.

Près du grand carrefour de Los Encuentros, San Cristóbal Totonicapán possède une belle église du XVIe siècle. Son marché se tient le jeudi. Celui de San Francisco el Alto, à 3 km, est l'un des plus connus pour sa foire aux bestiaux, le vendredi. Sur la place principale, au pied de l'église, les étals se serrent, laissant tout juste le passage le long des travées étroites. Plus haut, sur une vaste esplanade, le marché aux animaux s'ouvre: petits cochons noirs tenus en laisse, dindons, poulets, etc. A Momostenango, on retrouve sur les étals du marché dominical les couvertures de laine qui ont fait la célébrité du village. Les autres jours, on peut partir à la découverture des riscos, des cheminées de fées qui dominent le hameau.

HUEHUETENANGO
En direction du Mexique, Huehuetenango fut bâtie par les Espagnols à proximité de Zaculeu, l'ancienne capitale des Indiens mams. Le jeudi et le dimanche, les villageois venus des montagnes environnantes se retrouvent tous sur le marché. Vers le nord, une piste s'insinue à travers la Sierra de los Cuchumatánes dans un paysage embrumé empreint de démesure. Autour de Todos Santos, un joli village perché à 2450 m, les costumes ont gardé toute leur importance. Le 1er novembre, pour la Toussaint, le village est le cadre de courses de chevaux. La région, très peu fréquentée par les touristes, est la plus authentique du Guatemala.

LE VERSANT PACIFIQUE
Dans l'intérieur des terres, la région recèle certains des plus surprenants trésors de l'archéologie précolombienne. A Santa Lucía Cotzumalguapa, à l'ouest d'Escuintla, d'étonnantes têtes de pierre grimaçantes et des séries de bas-reliefs montrant diverses scènes - dont plusieurs de décapitation - ont été découvertes dans les champs de canne à sucre, la principale culture de la région.

On sait peu de choses de ces sculptures, remontant au VIe siècle. Les hommes qui les ont façonnées, ni Olmèques, ni Mayas, possédaient leur propre langue et leur propre système d'écriture. Mais leur origine, tout comme leur nom, demeure un mystère. Il semblerait qu'ils aient cœxisté aux côtés des Mayas et des Teotihuacanos, commerçant avec les uns et les autres jusqu'à l'affaissement de leur culture, aux environs de l'an 700. Corridor naturel entre le Mexique et l'isthme centraméricain, la région bénéficiait d'une des plus grandes richesses du monde préhispanique: le cacao.

Les sites des fincas (plantations) Bilbao et El Baúl s'avèrent les plus intéressants. Sur la colline boisée d'El Baúl, en fait un ancien temple, des villageois viennent encore fréquemment invoquer les anciens dieux mayas. L'idole à demi enfouie est sans doute la plus belle de toutes. Le musée de la finca El Baúl peut être visité sur demande.

A une quinzaine de kilomètres de Santa Lucía, à La Democracia, le site de Monte Alto a livré de gigantesques têtes de style olmèque - mais de facture différente - dont l'origine n'a toujours pas été élucidée. Elles ont été regroupées autour de la place centrale de la ville.

Plus à l'ouest, à Abaj Takalik (à 30 km de Retalhuleu), d'autres têtes d'une facture semblable ont été découvertes, de même que divers objets olmèques et mayas. La seule certitude des archéologues est qu'Abaj Takalik remonte à l'aube de la civilisation maya - et formerait peut-être un "pont" avec la culture olmèque.

Chaque fin de semaine, les plages de sable gris de la côte Pacifique sont livrées en pâture aux habitants de Guatemala City. A 80 km seulement de la capitale, elles sont les plus proches, mais pas forcément les plus belles du pays. Si votre envie de mer est plus forte que tout, vous pourrez vous baigner à Iztapa ou, plus chic, au Balneario Likín - à 5 km à l'est de Puerto San José.

VERAPAZ
Autour de la ville coloniale de Cobán, la province centrale du Verapaz présente un étonnant relief karstique généralement recouvert par la forêt tropicale. Avant la Conquête, la région était habitée par les Mayas rabinal, connus pour leurs manières guerrières et peu hospitalières. Déboutés par les armes, c'est finalement par la religion que les conquistadores s'imposèrent. Aujourd'hui, le Verapaz produit du café mais aussi de la cardamome, cette épice au goût poivré utilisée principalement dans les pays du Moyen-Orient - le Guatemala en est le premier producteur au monde.

Les orchidées de la Pépinière du Verapaz, l'une des plus grandes d'Amérique centrale (60 000 plans représentant 750 espèces différentes), fleurissent d'octobre à février.

Canyons et grottes entaillent la roche calcaire de la province, offrant divers buts d'excursions. A Semuc Champey, la rivière Cahabón dégringole en une succession de jolies chutes d'eau et de bassins d'eau claire. Dix kilomètres en aval, le même cours d'eau pénètre dans le vaste réseau des grottes de Lanquín, refuge de nombreuses colonies de chauves-souris. Plus loin vers le nord, la rivière Candelaria s'insinue dans un dédale sans fin de grottes et de lacs souterrains, de salles monumentales ornées de concrétions rocheuses où les prêtres mayas venaient célébrer des rituels.

50 km à l'est de Cobán, à Purulhá, le Biotopo del Quetzal est le dernier endroit du Guatemala où cet oiseau symbole, menacé par la déforestation, survit encore. Figure sacrée de la Méso-Amérique, le quetzal a fasciné tous les peuples d'Amérique centrale. Au Mexique, il donna son nom à Quetzalcóatl, le serpent à plumes. Ses époustouflantes plumes de queue (jusqu'à 1 m de long), récupérées au moment de la mue, enluminaient les costumes de tous les dignitaires précolombiens. Lorsque les Espagnols pénétrèrent au Guatemala, la légende dit que le quetzal se fit le compagnon de Tecún Umán, le dernier empereur quiché. Quand ce dernier trouva la mort, tué lors d'un duel avec Alvarado, il se posa sur sa blessure. C'est ainsi, dit-on, qu'il hérita de son plastron rouge. Rubis et émeraude, rehaussé d'une touche de blanc, le quetzal est aussi symbole de liberté: mis en cage, il dépérit.

Deux sentiers, de 2 km et de 3,5 km, traversent la réserve. Mais pour apercevoir l'oiseau roi, particulièrement timide, l'une des meilleures solutions est de fixer son poste d'observation aux bungalows Ranchitos del Quetzal. Au lever du jour, les oiseaux viennent parfois se nourrir des fruits des avocatiers sauvages des environs. La période de la nidification (avril) est la plus indiquée.

VERS LA COTE CARAIBE
A 220 km de Ciudad de Guatemala, près de la frontière avec El Salvador et le Honduras, Esquipulas est le plus célèbre lieu de pèlerinage de toute l'Amérique centrale. Chaque 15 janvier, des dizaines de milliers de pèlerins convergent sur sa basilique (1758), inspirée de la cathédrale de Valladolid, pour rendre hommage au Christ Noir qui y est conservé. Déjà, avant la Conquête, la ville était un important centre religieux maya. Mais c'est surtout à compter de 1737, lorsque l'évêque Pedro Pardo de Figueroa repartit guéri d'Esquipulas, que le Christ Noir commença à être si fortement vénéré. La sculpture en bois d'oranger, datant de 1594, aurait peut-être été teinte en noir pour ressembler à l'une des divinités mayas, rendant plus facile l'adoption des nouvelles croyances apportées par les missionnaires espagnols. Dans la même région, le parc de Montecristo, dont les limites débordent au Honduras et au Salvador, abrite une très belle forêt d'altitude.

Les ruines de Quiriguá, situées le long de la route Atlantique, sont célèbres pour leurs stèles représentant des dignitaires mayas. Dans un cadre de bananeraies, le site livre aussi au regard de fascinants bas-reliefs zoomorphes, d'énormes sculptures de grenouilles, de jaguars, de serpents, de tortues ou encore des chimères héritées de l'imagination féconde des Mayas. Ces œuvres originales, sculptées entre 780 et 795, l'ont peut-être été par une seule et même personne. On ne les trouve qu'ici et à Copán, au Honduras, juste de l'autre côté de la frontière. La stèle E, proche de l'entrée, avec 11 m et 65 tonnes, est la plus grande d'Amérique centrale.

A l'approche de la côte caraïbe, l'air s'imprègne de moiteur. Sur 40 km, du grand lac Izabal au golfe du Honduras, le río Dulce sert de voie d'accès. A l'endroit où le plan d'eau se déverse dans la rivière, le petit Castillo de San Felipe (1652) rappelle les temps héroïques où les Espagnols essayaient de contenir les attaques des pirates anglais. Ils n'y parvinrent pas toujours: en 1686, la forteresse fut prise et brûlée. Le monument a été restauré. On peut partir à la découverte du labyrinthe de tunnels s'insinuant sous les donjons.

A trente minutes de bateau, la rivière encaissée entre deux murs de forêt s'épanche dans le lac d'El Golfete. Sur la rive nord, la réserve Biotopo Chocon Machacas a été créée pour la protection du lamantin. Craintifs, ceux-ci préfèrent généralement se dissimuler aux regards des visiteurs. Mais la forêt et la mangrove, riches d'oiseaux, de papillons et... de colonies de fourmis processionnaires justifient la visite. Sur place, on trouve un petit écomusée et plusieurs sentiers forestiers.

Au terme de la descente du río Dulce, Lívingston forme une enclave des Caraïbes Noirs (Garifunas) coupée du reste du pays. Dans les premières années du XIXe siècle, ce gros village assoupi aux maisons colorées fut fondé par un groupe de métis afro-caraïbes déportés par les Anglais sur les îles de la baie du Honduras. Mer, sable et cocotiers en font un bout du monde à la fois savoureux et un peu désolé. Le samedi soir, les rythmes du reggae secouent la torpeur tropicale et la nuit s'anime sur des airs antillais. Une excursion en barque permet de se rendre, au choix, sur la plage de Cocoli, l'une des plus belles du Guatemala, ou aux cascades de Siete Altares (attention aux vols). Puerto Barrios, rejoint en bateau, est la capitale régionale; la ville, laide, marque la fin de la route Atlantique.

LE PETEN
La plaine du Petén ("lieu isolé"), séparée du Mexique à l'ouest par le río Usumacinta, forme en quelque sorte la dernière frontière du pays. Livré à l'assaut des nouveaux colons et à la déforestation, cet océan de terres vierges représente pourtant le dernier bastion de la grande forêt primaire d'Amérique centrale. Bien des collines anodines ont livré aux archéologues, au plus grand étonnement des habitants de la région, de véritables cités englouties. Fascinants mondes perdus, tous les grands sites archéologiques du Guatemala sont là. Il y en aurait plus d'une centaine - tous n'ont pas été découverts. L'extraordinaire cité de Tikal, la plus grande et la plus fascinante du monde maya, rappelle les fastes d'une civilisation à jamais disparue.

FLORES
Porte d'accès au Petén, Florès possède le seul aéroport international du Guatemala en dehors de celui de La Aurora. Jolie petite ville flottant sur un îlot du lac Petén Itzá, relié à la terre ferme par une digue, elle mérite que l'on s'attarde le long de ses ruelles pavées, bordées de maisons colorées. Deuxième plus grand lac de la région, le Petén Itzá peut être agréablement exploré en barque. Sur sa rive nord-est, la réserve de la biosphère du Cerro Cahuí couvre 600 hectares d'une superbe forêt où prospèrent acajous, cèdres, orchidées et broméliacées, toucans, perroquets et crocodiles.

TIKAL
A 64 km de Flores par une bonne route, Tikal ("le lieu des échos") fut l'une des cités-Etats les plus puissantes du monde maya. Occupé dès 700 avant J.-C., le site subit au début de l'époque classique l'influence politique et architecturale de la lointaine Teotihuacan, mais sut rapidement en secouer le joug. Centre cérémoniel et plaque tournante du commerce, on estime que Tikal couvrait, au plus fort de son extension, 160 km² et abritait environ 50 000 habitants. Les différents groupes de bâtiments - plus de 3000 - étaient reliés entre eux et aux cités voisines par un vaste réseau de routes pavées surélevées, les sacbeob. Le site atteignit son apogée vers l'an 800, pour être subitement abandonné vers la fin du IXe siècle. Bientôt envahie par la jungle, la cité sombra dans l'oubli. Ce n'est qu'au début du XXe siècle qu'on la redécouvrit. Parc national depuis 1955, la zone archéologique se double d'une réserve de faune. Dans les profondeurs de cet enfer vert, singes hurleurs, jaguars, ocelots, serpents et près de 250 espèces d'oiseaux ont élu domicile.

Le long du chemin qui mène à la Plaza Mayor, au cœur de Tikal, un immense ceiba (fromager), arbre sacré des Mayas, projette ses branches à plus de 30 m du sol. Atteinte après une vingtaine de minutes de marche dans la jungle, l'esplanade se livre subitement, grandiose, cernée par la forêt. Les bâtiments datent tous de la période classique tardive, mais recouvrent, comme des poupées russes, selon la méthode de construction spécifique aux peuples préhispaniques, d'anciennes structures plus petites.

Haut de 45 m, le temple du Grand Jaguar (ou Temple I) ferme la place par l'est. L'édifice, à neuf étages en terrasse, est en fait un monument érigé à la gloire du souverain Ah Cacao aux environs de l'an 700 - peut-être de son vivant. Son squelette, transféré au musée, a été découvert dans une crypte, à 6 m sous la surface de la place, entouré d'offrandes, de céramiques, de bijoux de jade et d'épines de raie manta, utilisées par les nobles mayas lors de cérémonies d'auto-scarifications. Le sang recueilli de leur blessure était brûlé en offrande aux dieux. Au sommet de la pyramide se dresse un petit sanctuaire au plafond voûté, typiquement maya. En vis-à-vis, le temple des Masques (ascension autorisée) fut construit par le même Ah Cacao. Il tire son nom des sculptures de sa façade.

Du côté nord, une série de stèles sculptées de glyphes et de représentations humaines évoquent l'histoire de la cité. Derrière, le vaste imbroglio architectural connu sous le nom d'acropole Nord a livré les tombes de certains anciens souverains. Certaines des structures antérieures ont été dégagées, en particulier un magnifique masque de Chac, dieu de la Pluie, haut de 3 m (sous une paillote).

L'acropole centrale, du côté sud de la place, regroupe un ensemble de palais et de cours sur plusieurs niveaux, résidences des familles nobles. On peut y voir l'un des dix réservoirs naturels qui alimentaient la ville en eau.

Des six principaux temples de la cité, le plus grand est le Temple IV, dit du Serpent à deux têtes. Situé à l'ouest de la place centrale, il domine majestueusement les frondaisons des arbres. Plus haut édifice du monde maya (69 m actuellement, 72 m à l'origine), il est presque entièrement recouvert par la végétation. Il est possible de l'escalader en grimpant le long des racines. D'en haut, la vue sur le site, exceptionnelle, s'étend à toute la jungle environnante. Comme des îlots perdus, les pyramides voisines émergent de la canopée. Au-delà, on peut également grimper au sommet du Temple VI et visiter, au détour d'un sentier serpentant dans la forêt, le magnifique ensemble du Mundo Perdido.

Tikal dispose d'un centre d'information, d'une cafétéria et de deux musées. L'un abrite des stèles - on y trouve la plus vieille découverte sur place, remontant à l'an 292 - et l'autre, le Musée Sylvanus Morley, des objets du quotidien maya. Ne manquez pas la reconstitution de la tombe du souverain Ah Cacao.

UAXACTUN
A peu de distance de Tikal, en direction du nord, la cité de Uaxactún ("huit pierres") remonte à l'aube de la période classique. Les historiens pensent que certains aspects majeurs de la civilisation maya - l'écriture et le calendrier - ont été perfectionnés ici. Des escaliers flanqués de grands masques de serpents et de jaguars courent sur les quatre faces du plus important édifice, une pyramide carrée qui fut sans doute le premier observatoire du monde maya.

Au nord-ouest de Uaxactún, près de la frontière du Mexique, El Mirador s'étendait à son apogée sur 16 km² et comptait plusieurs dizaines de milliers d'habitants. Peut-être la première grande cité de la période préclassique, elle fut fondée vers 150 avant J.-C. et mystérieusement abandonnée vers l'an 250. On distingue deux groupes de bâtiments principaux, isolés dans la forêt. A l'ouest, le complexe du Tigre comprend le groupe dit de Monos, dominé par une pyramide monumentale de douze étages dont la base couvre 18 000 m² (autant que trois terrains de football). On y trouve encore la place et l'acropole centrales, sites des cérémonies rituelles. A l'est, la pyramide du complexe de Dante, visible par avion à 100 km à la ronde, est située sur une colline, en vis-à-vis de celle du Tigre. La première reçoit les rayons du soleil couchant, l'autre ceux du soleil levant.

LES AUTRES SITES
Il existe de nombreuses cités mayas disséminées à travers la jungle du Petén. La plupart sont difficiles d'accès et nécessitent parfois plusieurs heures, voire plusieurs jours de bateau ou de randonnée à dos de mule dans des conditions éprouvantes. Ajoutez à cela les moustiques, les tiques, les pistes impraticables par temps de pluie et le risque potentiel de tomber sur des pilleurs de tombes. Mais quelle récompense lorsque, surgissant du néant, s'élèvent devant vous les vestiges de temples écartelés par la végétation. Des excursions organisées permettent de visiter certains sites. A l'est de Tikal, Nakum et El Naranjo présentent la même architecture monumentale indiquant une occupation jusqu'à la fin de la période classique. Yaxhá, l'un des plus grands sites du Petén, fut habité jusqu'à la chute du royaume itzá en 1697.

Au sud-ouest du Petén, la région de Sayaxché et du lac Petexbatún est riche de ruines postclassiques. El Ceibal, à 2 h de bateau sur le sinueux río La Pasión et 20 minutes de marche éprouvante, possède les plus belles stèles de cette période. Certaines représentent des personnages aux cheveux longs, sans doute des envahisseurs venus des hauts plateaux mexicains après la chute de l'Empire maya. A Dos Pilas, on peut voir d'autres stèles, celles-ci gravées de scènes de batailles. Fondée par un groupe de nobles dissidents venus de Tikal, la cité aurait gagné son indépendance après la mort au combat en l'an 679 du souverain de Tikal. Les descendants de la nouvelle dynastie semblent avoir étendu l'emprise de Dos Pilas sur un vaste territoire, conquérant Ceibal avant de succomber eux-mêmes, en 761, au terme d'un siège soutenu par leurs anciens vassaux de Tamarindito. Les nobles survivants abandonnèrent Dos Pilas, se réfugiant à Aguateca, une cité fortifiée juchée sur le rebord d'une falaise - on la visite depuis le lac Petexbatún. Après 790 (date de la dernière stèle gravée), celle-ci tomba à son tour. Certains archéologues supputent que les guerres incessantes déchirant la région à la fin du VIIIe siècle pourraient être à l'origine de la chute des Mayas. Sur les rives du río Usumacinta, on trouve encore les sites d'Altar de los Sacrificios, de Yaxchilan (exceptionnel, mais au Mexique) et de Piedras Negras (une semaine aller et retour en bateau).

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