Le CaireLa ville est le coeur non seulement de l'Egypte, mais de tout le Moyen-Orient. Si le bruit et l'animation continuelle n'incitent guère à un séjour prolongé, on ne saurait pourtant négliger la capitale. De la terrasse d'un des nombreux restaurants d'hôtels ou bars situés dans des tours ultramodernes, on peut embrasser du regard l'immense diversité de la cité tentaculaire. On découvre un entrelas de grandes artères, d'échangeurs et d'avenues qui relient et séparent les gratte-ciel du centre des affaires, les minarets et coupoles des mosquées ou la flèche d'une des rares églises chrétiennes.
Le Musée égyptien, l'un des plus grands musées du monde est sur la place Tahrir. Ses collections d'œuvres de l'Egypte ancienne comptent plus de 100 000 pièces. Elles constituent une prodigieuse introduction à la mystérieuse civilisation égyptienne. Le clou du musée est évidemment le trésor de Toutânkhamon. Il se compose des fabuleux bijoux du pharaon, de l'or de son cercueil et de son masque mortuaire constellé de pierreries, de ses sandales et gants également en or, et à côté, de la gigantesque chambre funéraire en bois où étaient déposés tous les biens destinés à le réjouir dans l'au-delà.
Cachées derrière les larges avenues et boulevards à l'est du centre-ville, les rues et ruelles des vieux quartiers invitent à l'exploration. L'odeur des brochettes d'agneau grillées se mêle aux chants lancinants d'Oum Khalsoum, la "diva" nationale ou aux pulsations rythmées du plus récent rock arabe.
Le bazar Khan el-Khalili, le plus renommé du Moyen-Orient, existe depuis plus de 600 ans et n'est pas près de disparaître. Echoppes et ateliers sont passés de père en fils, négociants et artisans chez qui l'on peut trouver or et argent, cuivre et verre, trésors et rebuts. C'est effectivement un lieu fréquenté par les touristes, mais si vous souhaitez les éviter, vous pouvez naturellement vous engager dans une ruelle transversale et vous retrouver parmi les centaines d'Egyptiens qui viennent s'approvisionner ici.
La mosquée de Qalâ-ûn, située dans la rue Muizz li-Din, une grande artère bordant Khan el-Khalili fut construite au XIIIe siècle par un sultan mamelouk qui commença par être esclave turc. Sauvage, cruel envers ses rivaux, mais grand bienfaiteur du peuple, Qalâ-ûn fit de la mosquée une école de théologie et le premier hôpital de la ville.
Cinq minarets et six portes monumentales signalent la prestigieuse mosquée al-Azhar, qui abrite une université vénérée dans tout le monde islamique: Syriens, Marocains et Turcs viennent y étudier. Une porte monumentale mène d'ailleurs aux logements de chaque nation. L'entrée se fait par la porte du Barbier, où les étudiants subissent une coupe de cheveux avant les cours. Elle conduit à l'immense cour centrale de la mosquée entourée d'arcades décorées, de style persan.
Surmontée de deux minarets à bulbes qui appartiennent en réalité à une mosquée voisine, la porte Bab Zuweila, repère familier de la vieille ville musulmane, marquait autrefois l'entrée méridionale de la cité. Elle fut construite en 1092. Sous les mamelouks et les Turcs, c'était là qu'avaient lieu les exécutions publiques.
Sur l'unique hauteur de la ville - 75 m - le sultan Saladin fit bâtir la citadelle (1176) par des croisés capturés en Palestine. Ses remparts massifs n'eurent jamais à résister à un assaut étranger, mais ils furent souvent la cible des boulets de canon de factions rivales se disputant le trône du sultan. Aujourd'hui, sa silhouette est dominée par les coupoles et minarets de la mosquée de style turc de Méhémet Ali, achevée en 1857.
La mosquée de Sultan Hassan est un vaste sanctuaire qui comprend quatre écoles théologiques et le mausolée du sultan (où seuls ses fils sont ensevelis, lui s'étant volatilisé avant l'achèvement de la mosquée). L'un de ses deux minarets est le plus haut du Caire (86 m). La salle de prière possède un splendide mihrab, niche de marbre ornée, placée dans le mur orienté vers La Mecque.
La mosquée d'Ibn Tûlûn est la plus vieille de la ville encore debout. les pyramides Situées dans la banlieue du Caire, les pyramides sont naturellement incontournables. Il est rationnel de les visiter dans l'ordre de leur construction, celles de Saqqarah d'abord, puis celles de Gizèh.
La nécropole de pyramides de Saqqarah entourée par les tombeaux plus petits des nobles s'étend sur un plateau désert à l'ouest de la capitale royale disparue: Memphis. Beaucoup de pyramides ont été réduites par les siècles et les éléments à de simples tas de pierres, mais la plus importante, servant de mausolée au pharaon Djoser demeure intacte et altière. La pyramide de Djoser est non seulement la première (vers 2680 av. J.-C.), mais aussi l'édifice monumental connu le plus ancien à être bâti en pierre et non en brique. Elle valut à son constructeur, le grand prêtre Imhotep, le renom universel de père de l'architecture.
Pour atteindre la pyramide à degrés, on traverse une enceinte murée en pierre qui reproduisait peut-être, en miniature, le palais du roi à Memphis. Dans le corridor et les chambres latérales, la pierre imite des poutres de bois et des faisceaux de roseaux liés ensemble pour former des colonnes. A l'extrémité d'une large cour, la pyramide dresse ses six gradins. La chambre funéraire du pharaon (accessible aux seuls archéologues professionnels) est située au fond d'un puit creusé dans le tuf sous la pyramide, d'autres chambres réservées à sa famille se trouvant plus bas.
Les trois pyramides des faubourgs méridionaux du Caire, à Gizèh ont été bâties un siècle plus tard. La plus haute est la Grande Pyramide de Khéops (137 m), mais celle de Khéphren paraît plus élevée. Elles se dressent sur un plateau calcaire où les corps momifiés des pharaons étaient transportés. Aujourd'hui, on peut visiter les pyramides à pied ou à dos de chameau. Plus modeste, la pyramide de Mykérinos est la dernière construite sur le site.
Avec son corps de lion et sa tête d'homme, le Sphinx, ce colossal gardien des pyramides continue de fasciner les voyageurs. La tête passe pour être celle de Khéphren. Le nez ne tomba pas, mais fut brisé par les mamelouks turcs qui utilisèrent le monument pour s'entraîner au tir, honorant par la même occasion la proscription islamique à l'encontre des images gravées.
La Haute-EgypteDélimitée par le cours du Nil, la partie méridionale du pays est appelée Haute-Egypte. En son cœur se situent Louxor et Karnak, qui ensemble formaient Thèbes, la capitale du pays à l'apogée de l'Empire, vers 1500 av. J.-C. C'est là que se trouvent les grands temples. De l'autre côté du fleuve, sur la rive occidentale, taillés dans la roche de la Vallée des Rois, les tombeaux des pharaons ont livré le trésor de Toutânkhamon. Des excursions au nord et au sud de Louxor vous conduiront à d'autres sanctuaires importants bâtis par les pharaons et par leurs successeurs grecs et romains.
La Haute-Egypte offre aussi le spectacle de la vie rurale dans la vallée du Nil. Depuis le fleuve, de bon matin, vous verrez des fermiers vêtus de blanc ou leurs petits garçons à dos d'âne passant devant le minaret de la mosquée du village pour se rendre dans les champs verdoyants de canne à sucre, blé ou coton. Femmes et filles préparent un plat de fèves devant les maisons de torchis ou lavent du linge dans le fleuve. Pour irriguer les champs, quelques pompes hydrauliques ont des moteurs électriques, mais la plupart rappellent celles que représentent les fresques dans les tombeaux des pharaons.
Louxor La ville fluviale de Louxor doit son essor au tourisme depuis le XIXe siècle, mais, hormis les hôtels, elle a vite pris un cachet égyptien. A côté du bazar touristique voué aux souvenirs et à l'artisanat, le bazar plus vivant des citadins vend fruits, légumes, épices et articles ménagers. Les moyens les plus agréables de circuler à travers la ville, que ce soit pour visiter les temples ou les marchés, sont la calèche ou les felouques, plus lentes. On peut aussi louer une bicyclette.
Le grand temple, dédié principalement au dieu créateur Amon s'étend parallèlement au fleuve. Son entrée monumentale, précédée d'une allée bordée de sphinx à tête humaine, se trouve à l'extrémité nord. Les statues colossales sont celles de Ramsès II, représenté aussi sur le pylône en guerrier. Le temple fut surtout l'œuvre d'Aménophis III, un siècle plus tôt, vers 1350 av. J.-C. Aménophis est célébré dans la salle hypostyle de 32 colonnes où les sculptures le montrent rendant hommage au dieu créateur dont il était proclamé le descendant.
Le Musée de Louxor occupe un beau bâtiment moderne sur les quais, admirablement agencé et éclairé.
A la limite septentrionale de Louxor, l'ensemble de Karnak, groupant plusieurs temples dans son enceinte, est le plus imposant des sanctuaires de l'Egypte ancienne. Comme au temple de Louxor 3 km plus au sud, une allée de sphinx conduit à la grande entrée, sur la rive, mais ceux-là ont des têtes de béliers. Le cœur de Karnak est la grande salle hypostyle de 134 colonnes géantes disposées en 16 rangées. Deux séries de bas-reliefs sur les colonnes et les murs montrent les pharaons Séthi Ier et Ramsès II adorant les dieux et défaisant leurs ennemis. A l'extérieur des bâtiments du temple principal, le lac sacré vit s'accomplir une union des dieux sur des barques. Il offre aussi son cadre au clou du spectacle Son et Lumière donné en soirée et évoquant la splendeur des pharaons. Tâchez de visiter d'abord Karnak de jour, pour apprécier son échelle colossale.
Thèbes La nécropole de Thèbes impressionne par son décor de gorges désertiques sur la rive occidentale du Nil. Les pharaons et leurs courtisans y étaient débarqués venant de la ville de Thèbes et ensevelis profondément derrière de discrètes entrées pour décourager les pillards; en vain, puisque seule la tombe de Toutânkhamon fut épargnée. Franchissant le fleuve depuis Louxor, vous serez guidé vers quelques-uns des plus beaux tombeaux et temples mortuaires où les défunts étaient préparés pour l'inhumation.
Il existe plus de 70 tombes répertoriées dans la partie de la nécropole thébaine appelée la Vallée des Rois. La sécheresse du climat désertique a admirablement préservé les décorations tombales - scènes de rites religieux et du monde familier sculptées avec vie et peintes dans des tons éclatants. Certaines tombes conservent le cercueil de granit du roi dans la chambre funéraire. Les momies royales ont été déplacées, méticuleusement restaurées et exposées au Musée égyptien du Caire.
Le temple de la reine Hatchepsout Le temple de la reine Hatchepsout occupe le site le plus spectaculaire dans ce paysage désertique saisissant. Dédié à la déesse à tête de vache Hathor, le temple s'élève sur trois terrasses à colonnades taillées dans la pente jusqu'au sanctuaire. Sur les bas-reliefs évoquant la reine, l'image d'Hatchepsout a été effacée par ses successeurs jaloux, Touthmôsis III et Aménophis IV. Ramesseum La vaste enceinte du Ramesseum contenait un temple funéraire et une résidence du pharaon en visite de cérémonie sur la rive occidentale. A côté des exploits illustrés de Ramsès II contre les Hittites gît en fragments sa statue colossale de granit noir, jadis haute de 17 m et pesant plus de 1000 tonnes. les deux colosses de Memnon Toujours intacts et altiers, les deux colosses de Memnon (Memnon fut un héros troyen avec lequel les Grecs identifièrent improprement les statues) s'élèvent dans un splendide isolement à la lisière des champs de blé. Ils gardaient l'entrée du temple funéraire d'Aménophis III. Ces géants de grès étaient les seuls visibles quand les Français commencèrent les fouilles dans la région, au XIXe siècle. Le sanctuaire d'Abydos En aval, sur la rive occidentale au nord de Louxor, deux grands sanctuaires situés dans un pittoresque cadre agreste se visitent au cours d'une excursion d'une journée. Le sanctuaire d'Abydos fut un centre de pèlerinage où pharaons et plébéiens adoraient le dieu de la Terre Osiris. Le sanctuaire comprend un mausolée destiné aux reliques du dieu, l'Osiréion. Le temple d'Hathor Le temple d'Hathor de Dendérah gagne à être visité en rentrant d'Abydos à Louxor pour jouir de la merveilleuse vue au crépuscule depuis le toit. Construit par les Ptolémées grecs et achevé sous les Romains en 64 apr. J.-C., ce sanctuaire compte parmi les mieux conservés d'Egypte. Sur les colonnes de la cour, des chapiteaux corinthiens ont remplacé les motifs papyriformes égyptiens et des hiéroglyphes désignent les empereurs Auguste, Néron et Claude parmi les bienfaiteurs du temple.
le temple du dieu Khnoum A une petite heure de route de Louxor, le temple du dieu Khnoum à tête de bélier occupe une curieuse situation, dans un creux, 9 m plus bas que la ville d'Esna. Au cours des siècles, négligeant la présence de ce sanctuaire bâti par les Romains, les maisons se sont élevées autour et au-dessus du site sacré. Certaines recouvrent encore une partie non exhumée du temple. L'imposante salle hypostyle de 24 colonnes fut édifiée par l'empereur Tibère. Lui et d'autres souverains romains comme Trajan, Titus ou Hadrien ont choisi d'être représentés dans des attitudes pharaoniques traditionnelles, frappant les ennemis de l'Egypte ou honorant les divinités. EdfouA environ 50 km au sud d'Esna, à Edfou, le temple d'Horus est admirablement conservé. Il fallut aux Ptolémées plus d'un siècle pour le bâtir. Le faucon emblématique d'Horus est partout présent. Sur les bas-reliefs des deux salles hypostyles et des murs entourant le sanctuaire intérieur sont représentés les grands rites du pays pratiqués au temple d'Edfou. Parmi les villageois des berges du fleuve en liesse, une effigie de la déesse Hathor quittait Dendérah, au nord de Louxor, chaque année pour une croisière de deux semaines afin de renouveler son mariage avec Horus à Edfou. le temple de Kom Ombo Proche d'Assouan, le temple de Kom Ombo commande le site d'une colline dominant la rive du fleuve. C'est un temple double, divisé en sanctuaires dédiés à Sobek le dieu-crocodile et à Horus le dieu-faucon. Des centaines de crocodiles se rassemblaient près de Kom Ombo pour s'accoupler ou se chauffer au soleil jusqu'à ce que les bateaux à vapeur les fassent fuir au XIXe siècle. On verra leurs ancêtres momifiés déposés dans une des chapelles du temple. La frontière méridionale avec le SoudanLa frontière méridionale avec le Soudan, traversant l'ancien royaume de Nubie, a représenté pour l'Egypte à la fois un rempart et le seuil du reste de l'Afrique. Les pharaons implantèrent leur comptoir dans le bourg marchand d'Assouan, une garnison sur l'île Eléphantine et leurs monuments les plus grandioses à Abou Simbel. C'est ici également qu'a été réalisé le plus grand tour de force technique en Egypte depuis l'édification des pyramides: le barrage d'Assouan. Il maîtrise le cours du Nil et a permis de créer l'immense réservoir du lac Nasser qui fournit aux terres du pays une irrigation régulière.
Puisqu'en ancien égyptien le nom d'Assouan signifie "marché", commencez par le bazar de Charia al-Suk. Les boutiques de souvenirs sont à l'extrémité nord. Et, à la fin de votre journée d'excursion, allez flâner sur la promenade de la Corniche au bord du fleuve, pour admirer la vue sur les îles, les rochers, le courant et les bancs de sable qui forment ensemble la première cataracte, la plus septentrionale d'une demi-douzaine rompant le cours du Nil.
Grâce aux ingénieurs, les temples d'Isis sur l'île de Philae furent sauvés de l'inondation provoquée par le barrage d'Assouan. Le sanctuaire actuel devrait plutôt s'appeler la nouvelle île de Philae, les temples n'étant plus à leur emplacement originel. Temples et pylônes embrassent six siècles, des derniers pharaons aux empereurs romains, en passant par les Ptolémées grecs. Isis fut incontestablement la plus vénérée des déesses égyptiennes et, comme le prouvent les inscriptions de Philae datant de 452 apr. J.-C., la dernière à résister aux interdits de la Rome christianisée.
Abou Simbel Les colosses de Ramsès II, considérés par beaucoup comme les monuments de l'Egypte ancienne les plus frappants, trônent à Abou Simbel à la frontière soudanienne. Au XIIIe siècle av. J.-C., leur intimidante présence avait une fonction nettement politique, affirmant la domination du pharaon sur ces régions méridionales. Les deux temples qu'ils gardent ne furent pas bâtis mais taillés dans la roche gréseuse des pentes de la montagne dévalant jusqu'au fleuve. Alors que le barrage d'Assouan allait convertir cette partie du fleuve en l'immense lac Nasser, le génie de la technique moderne les transporta plus haut au sec en 1964.
En partant d'Assouan, Abou Simbel est à une heure de vol ou, si vous préférez connaître de plus près le désert occidental, à quatre heures de route. Vous verrez peut-être une caravane bédouine de chameaux qui se dirige vers le Soudan ou qui en revient. Dans les deux cas, même s'il vous faut partir en pleine nuit, tâchez d'y être au petit matin lorsque le soleil, encore bas, met en valeur les statues.
Les quatre colosses de la façade du temple de Ramsès II offrent l'image du souverain en dieu-soleil, divinité suprême égyptienne, assis face au soleil levant. Ces statues de 20 m de hauteur sont le témoignage extravagant de l'orgueil impérial. Un séisme a renversé la tête et le torse d'un des quatre colosses de Ramsès. Ils gisent toujours à ses pieds. Sa femme et ses enfants sont représentés par d'humbles petites statues. A l'intérieur du temple se trouvent une classique salle hypostyle avec d'autres colosses de Ramsès II debout contre les colonnes, des bas-reliefs et peintures illustrant ses triomphes guerriers.
Allez voir aussi, tout près, le sanctuaire de la reine Néfertari, femme de Ramsès II. Son existence est en soi une marque de l'exceptionnel respect du pharaon pour son épouse. Elle aussi est déifiée et gratifiée de colosses de la même taille que ceux de son époux - quatre des siens flanquant évidemment ses deux à elle. Comme le montrent, à l'intérieur, les têtes à oreilles de vache sur les colonnes de la salle hypostyle, le temple est dédié à la déesse Hathor.
La Basse-EgypteLa partie septentrionale du cours du Nil, du Caire à la Méditerranée, est appelée Basse-Egypte. Elle s'ouvre sur la ville d'Alexandrie, fondée par Alexandre le Grand en 332 avant notre ère, qui constitue toujours le plus grand port d'Egypte.
La large courbe de la promenade de la Corniche commence à l'ancien bassin de l'est. Sur son promontoire, la forteresse du sultan Qâ'itbây abritant maintenant un musée naval s'élève à l'emplacement de l'antique fanal de Pharos. Construit par les Ptolémées au IIe siècle av. J.-C., le phare, haut de 120 m, compta avec les pyramides de Gizèh parmi les sept Merveilles du Monde jusqu'à sa chute due à divers séismes.
Dans la vieille ville, les thermes romains et un amphithéâtre du IIIe siècle apr. J.-C. se cachent parmi les immeubles du quartier de Kom al-Dik. A côté d'un sphinx veillant sur des tours d'habitation, la colonne de Pompéi en granit rose à chapiteau corinthien est un monument en l'honneur de l'empereur Dioclétien qui date d'environ 300 av. J.-C. La grande bibliothèque des Ptolémées, célèbre dans tout le monde méditerranéen pour ses 490 000 manuscrits, disparut dans les flammes, mais une nouvelle Bibliotheca Alexandrina, parrainée par l'Unesco, s'élève aujourd'hui sur l'ancien emplacement au nord-est de la ville.
Dans une perspective historique, le Musée gréco-romain réunit des débris de l'ancienne splendeur de la ville. Il contient des marbres d'Alexandre le Grand, de Jules César et de l'empereur Hadrien et un médaillon rare représentant Cléopâtre. Une collection de sculptures et autres découvertes des temps pharaoniques faites dans le delta et la vallée du Nil comprend des statues de Ramsès II et de la déesse Isis et quelques momies, tant égyptiennes que romaines.
Les édifices musulmans de la ville moderne sont tous de construction récente, le plus beau étant la mosquée d'Abû al-Abbas, construite au XVIIIe siècle et rénovée en 1943. Les gracieux minarets et coupoles glorifiant ce lettré musulman du XIIIe siècle surgissent au-dessus de la Corniche. |