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Cuba (île)
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La Havane
Lorsqu'on arrive à La Havane par la mer, on est ébloui par la beauté de ce port enclavé entre des forts imposants. Dès qu'on y pose le pied, on se rend compte que la métropole cubaine est l'une des villes les plus belles et les plus vivantes des Antilles. Et pourtant, nombre de monuments historiques, chefs-d'œuvre de l'art baroque qui ont fait la gloire de l'ancien San Cristóbal de la Habana, ont souffert plus d'une égratignure. Heureusement, l'UNESCO veille à la préservation et à la reconstruction de ces monuments extraordinaires, classés "Patrimoine de l'Humanité". Etroite artère de la vieille ville, établie sur la rive occidentale du port naturel en eau profonde, la Calle Obispo fut jadis au cœur du quartier des plaisirs. Le peu de souvenir qu'il reste de cette époque dans les cafés, les bistrots ou les petits restaurants du coin flotte ici ou là dans des effluves de rhum. Que vous preniez place dans l'un ou l'autre de ces endroits, vous observerez le va-et-vient incessant des piétons. Beaucoup portent la Granma, le journal du parti communiste cubain, qui doit son nom au navire avec lequel Castro accosta à Cuba en 1956, en provenance du Mexique.

La Calle Obispo vous conduira directement au centre historique de La Havane, la ravissante Plaza de Armas, sur laquelle donne le Palacio de los Capitanes Generales (palais du Capitaine général). Cet édifice de style colonial datant de la fin du XVIIIe siècle compte parmi les constructions baroques les plus belles des Antilles. Il fut le siège du pouvoir colonial jusqu'en 1898. Il abrite le Museo de la Ciudad, qui retrace l'histoire de La Havane et de Cuba et présente une collection de peintures historiques, bronzes, argenteries, porcelaines et mobiliers. En face se dresse la plus ancienne forteresse de la ville, l'imposant Castillo de la Fuerza, construit en 1544, où l'on peut admirer une superbe exposition d'armes des anciennes batailles et révolutions de l'histoire cubaine.

A quelques pas, la place de la Cathédrale est un pur chef-d'œuvre. La cathédrale, fondée en 1704 par des jésuites, est l'un des plus remarquables sanctuaires baroques d'Amérique. Elle abrita le tombeau de Christophe Colomb jusqu'à la fin de la présence espagnole. Voyez son superbe maître-autel. La place de la Cathédrale exprime la sérénité avec les belles arcades et les balcons ouvragés de ses palais et maisons bourgeoises. La beauté harmonieuse de l'ensemble est unique dans tout le Nouveau Monde.

Juste à l'ouest de la place, l'un des nombreux endroits de la ville fréquentés assidûment par Hemingway, la Bodeguita del Medio, un bar décoré de ses photos originales dédicacées, réunit toujours les artistes et écrivains de La Havane. L'ancien palais présidentiel abrite désormais le Museo de la Revolución, qui témoigne de la grande époque de la lutte pour l'indépendance. Juste à côté, le Prado (aujourd'hui Paseo de Martí) court le long du Parque Central, le parc municipal. C'est sur ce boulevard agréable que donne le massif Capitolio, surmonté d'une gigantesque coupole; il est le siège de l'Académie des Sciences.

En face de la vieille ville, de l'autre côté du port, la Fortaleza de la Cabaña est balayée la nuit par les projecteurs.
Les quartiers occidentaux modernes de Vedado et de Nuevo Vedado regorgent d'églises, de cinémas, de théâtres et d'hôtels.
Night-club mondialement célèbre, le Tropicana, qui fit les beaux jours de la banlieue pimpante de Marianao avant l'arrivée de Castro, marche toujours très fort.
Le Jardin botanique de la capitale, dans la banlieue sud, est l'un des plus beaux du monde. Couvrant 6 hectares, il contient 14000 espèces de plantes de tous les continents, dont 500 variétés d'orchidées et plus de 1000 cactus.

Varadero
A 150 km à l'est de La Havane, sur l'étroite péninsule de Hicacos qui s'enfonce au nord en pleine mer, s'étend la station de Varadero et ses 20 km de plage de sable fin. Les somptueuses villas des millionnaires américains des années 1950 ont été restaurées et de nouveaux hôtels et night-clubs attendent l'afflux sans cesse croissant des touristes canadiens et européens. Bien que Varadero soit de loin la station la plus animée de l'île, son atmosphère est très décontractée. Les gens circulent à vélo, à mobylette ou à bord de charrettes multicolores tractées, le long d'avenues plantées d'hibiscus, de flamboyants tropicaux et de beaux arbres à fleurs blanches (l'icaco qui a donné son nom à la péninsule). La ville offre de nombreuses possibilités de faire du tennis, du golf, de l'équitation et tous les sports nautiques.

Après le dîner en plein air à la terrasse d'un restaurant, la vie nocturne de Varadero vous entraînera au son de la musique cubaine endiablée: allez voir les spectacles de l'amphithéâtre ou dansez pour votre compte le long de la Plage Bleue. L'un des rendez-vous les plus recherchés est la Cueva del Pirata, night-club installé dans une grotte naturelle. Le carnaval annuel de Varadero rivalise avec celui de Santiago de Cuba. Visiteurs étrangers et cubains entrent dans la danse, tandis que chaque hôtel élit son propre roi et sa propre reine, qu'on revêt ensuite de splendides costumes cubains. Une excursion d'un jour vous emmènera à Matanzas, capitale provinciale gardée par une impressionnante forteresse du XVIIe siècle, le Castillo de San Severino. Autre destination favorite, Cueva Bellamar s'enfonçant de près de 3km dans la falaise. Vous vous y baladerez parmi les stalactites et stalagmites des grottes marines.

Cárdenas, à 24 km au sud-est de Varadero, est une petite ville aux rues bordées d'arcades que vous explorerez en calèche à cheval. Fière de son histoire, Cárdenas s'enorgueillit de posséder la première statue de Christophe Colomb de toute l'Amérique latine, un bronze de 3 m de haut. En 1850, l'invasion de 600 mercenaires américains fut repoussée par les efforts conjugués des habitants et de l'armée cubaine. En signe de victoire fut hissé, pour la première fois de l'histoire de l'île, le drapeau national bleu, blanc, rouge.

L'archipel de Sabana
Les îlots et barres de sable à l'est de Varadero sont le paradis de la voile, de la pêche en haute mer et de la plongée. La plus attrayante de ces petites îles presque totalement vierges est le Cayo Esquivel, à 15 km de la côte. Vous pourrez louer les services d'un pêcheur qui vous emmènera dans son bateau jusqu'aux belles plages de sable blanc. Les amoureux de la nature y guetteront les tortues marines et nombre d'espèces d'oiseaux migrateurs.

Cuba occidental
Au cœur de la Sierra del Rosario, à 80 km environ à l'ouest de la capitale, Soroa est une adorable station touristique nichée dans les collines, paradis des oiseaux, des papillons et des fleurs. Plus de 700 espèces d'orchidées sont amoureusement cultivées dans l'orchidarium. Si la provenance du tabac vous intéresse, rendez-vous dans la vallée de Viñales, à deux heures seulement de La Havane. Réputée l'une des plus belles régions de Cuba, cette vallée fertile est délimitée par d'étranges montagnes rondes appelées mogotes, creusées de grottes et de rivières souterraines. Dans les brumes de l'aube et du crépuscule, la campagne rappelle les paysages chinois. Viñales elle-même est une petite ville pittoresque aux toits de tuiles rouges et aux vérandas de bois, avec une cathédrale tranquille sur la place principale et une galerie d'art. A quelques kilomètres de la ville, une promenade vous mènera à la Cueva de los Indios (Grotte des Indiens), découverte en 1920. Vous pourrez prendre un bateau pour parcourir sa rivière souterraine bordée de stalactites fantomatiques.

A l'ouest de La Havane, la ville principale est Pinar del Río, qui produit des poteries et des tissus parmi les plus beaux de l'île. Vous visiterez peut-être le Musée du Tabac, pour comprendre tout le processus compliqué et délicat qui aboutit à un puro habano. Isla de la Juventud (île de la Jeunesse), dans le golfe de Batabanó, est la station favorite des étudiants étrangers suivant des cours à Cuba. Dans la capitale régionale, Nueva Gerona, vous pourrez voir le musée installé dans El Presidio, l'ancienne prison modèle où Fidel Castro lui-même fut un temps incarcéré. La ville compte quelques belles plages et offre toutes les facilités pour les sports nautiques. A l'est, le délicieux Cayo Largo est bordé de 20km de plages superbes et d'une mer limpide, parfaite pour la plongée au tuba.

Cienfuegos
Créée à l'origine par un Français, Louis de Clouet, Cienfuegos est le port sucrier le plus important du monde. Fondée sur la côte méridionale de l'île au début du XIXe siècle, la ville conserve quelques charmantes villas de style colonial. Jetez aussi un coup d'œil au Palacio Ferrer, art nouveau, qui abrite le centre culturel de la ville, ainsi qu'à l'extravagant mélange d'architecture gothique, vénitienne et mauresque du Palacio de Valle, sur la presqu'île de Punta Gorda. Ne manquez pas le Jardin botanique célèbre pour ses 280 variétés de palmiers, dont les endémiques palmier royal et palmier-liège, reliques préhistoriques datant de millions d'années. Enfin, prenez le frais sur la plage de Rancho Luna.

C'est sur la Playa Girón, dans la Baie des Cochons (Bahía de Cochinos), à l'ouest de Cienfuegos qu'eut lieu en avril 1961 le débarquement de 1400 exilés cubains soutenus par les Américains. L'opération se transforma rapidement en un fiasco humiliant. A cent mètres de là, un musée expose armes, documents et photos ayant trait à l'attaque manquée. Sur la place du village se dresse toujours l'un des avions de combat qui fit sauter le bâtiment américain acheminant munitions et matériel de transmission, le Houston. Plus loin, à Guamá, à l'intérieur, vous découvrirez un village d'Indiens Taïno reconstitué dans la Laguna del Tesoro, ainsi que le Parc national Zapata, célèbre pour son élevage de crocodiles où plus de 15000 spécimens somnolent dans de vastes étangs parmi les bambous.

Santa Clara
Capitale de la province de Villa Clara, cette cité universitaire fut en 1958 le théâtre d'une bataille décisive entre les guérilleros révolutionnaires de Che Guevara et les forces du dictateur Fulgencio Batista. Ces événements historiques sont célébrés au Museo de la Revolución de la ville. En début de soirée, des concerts ont lieu au Théâtre municipal de la Caridad.

Trinidad
A 100 km environ de Cienfuegos, Trinidad a conservé sa beauté de carte postale depuis la grande époque hispano-américaine. Nichée au pied des collines de Guamuhaya, elle fut fondée en 1514 et prospéra après la découverte de mines d'or dans une vallée proche. Le filon épuisé, elle s'endormit pour quelques siècles avant de faire une rentrée économique spectaculaire avec le développement de ses plantations de canne à sucre à la fin du XVIIIe siècle. Trinidad demeure de nos jours l'un des plus beaux fleurons architecturaux de style colonial de toute l'Amérique latine. De la Plaza Mayor, déambulez tout simplement dans le lacis de ruelles pavées de galets, entre les maisons basses ornées de grilles en fer forgé derrière lesquelles se cachent de frais patios. Et si cette promenade vous donne envie d'en savoir plus sur le passé de la cité, allez faire un tour au musée dans un joli bâtiment de style colonial.

Le Musée d'Archéologie de Guamuhaya présente les ustensiles, l'art et l'artisanat des Indiens Siboney et Arawak (Taïno) qui vivaient ici à l'époque de la conquête espagnole. On prétend que Hernando Cortés vécut là quelques temps avant de partir à la conquête de Mexico en 1519. A l'autre extrême de l'expérience coloniale espagnole, le Musée romantique, dans le Palacio Brunet, expose les meubles artistiquement ouvragés et les objets usuels de la douceur de vivre du XIXe siècle. Tout près, également sur la Plaza Mayor se dresse l'église principale de la ville, l'Iglesia de la Santísima Trinidad, qui date du XVIIIe siècle. Le Musée des Sciences naturelles Alexandre de Humboldt abrite une exposition de la flore et de la faune locales étudiées par le géographe allemand durant son séjour à Trinidad et en Amérique centrale entre 1799 et 1804. La plus charmante des autres places de la ville est sans conteste la Plaza Real de la Jigüe, dont les restaurants et tavernes typiques s'animent à la tombée de la nuit.

Dans la vallée de San Luis, au nord de la ville, où se trouve la plus vaste des anciennes plantations de canne à sucre, vous visiterez l'imposante tour Iznaga, bâtie sur plusieurs étages à colonnade et coiffée d'un beffroi de 45 m de haut. Elle servait de poste d'observation d'où les intendants repéraient les incendies dans la plantation ou les esclaves en fuite. Poursuivez au nord dans les collines de la Sierra del Escambray, qui culmine au Pico San Juan, à 1155m. Au village de Topes de Collantes, à 10 km de Trinidad, une esplanade offre une vue splendide sur la vallée de San Luis. Une courte promenade en dehors de la ville vous conduira aux chutes Salto del Caburni. Puis offrez-vous encore un plongeon dans la mer. Nous vous recommandons la plage d'Ancón, à peu de distance en voiture au sud-est de Trinidad et - pour les amateurs de plongée en apnée ou avec tuba - celle de Casilda où vous pourrez explorer l'un des plus beaux récifs de corail de toutes les Antilles.

Sancti Spiritus
Situé au centre du Cuba, elle fut fondée en 1514 et fut déplacée en 1522 vers l'intérieur des terres pour la protéger des incursions des pirates. Son économie se développa avec la culture de la canne à sucre. Aujourd'hui encore, la plus grande raffinerie se trouve dans ces environs de l'île. Cette ville est une halte originale et il est très agréable de se perdre dans le labyrinthe de ses rues enchevêtrées.
On se peut se rendre dans l'ancienne place forte coloniale de Sancti Spiritus, à 67 km de Trinidad, pour admirer l'église paroissiale du XVIIe siècle, sur la pittoresque place du village entourée d'arcades, et le vieux pont branlant sur la rivière Yayabo. Les amateurs iront taquiner la truite qui abonde dans un réservoir proche.

Camaguëy
Après La Havane et Santiago de Cuba, Camaguëy est la troisième ville de l'île, peuplée de près de 300000 habitants. C'est la capitale de la plus vaste province de Cuba, au centre d'une région agricole où se déroulent les plus ambitieux programmes d'élevage de bovins lancés par Fidel Castro. Tout comme Santa Clara, la ville fut d'abord fondée sur la côte en 1516, puis déplacée à l'intérieur pour échapper aux pirates. Appelée à l'origine Santa María del Puerto del Principe, elle fut rebaptisée Camaguëy, dans la langue des Indiens Taïno. Malgré un astucieux système défensif de ruelles étroites et de petites places formant un véritable labyrinthe, la ville fut tout de même mise à sac à plusieurs reprises au cours de son histoire, tout d'abord par les pirates de l'Anglais Henry Morgan, puis par ceux du Français François Gramont.

L'archipel de Camaguëy
Les îlots de Camaguëy prolongent l'archipel de Sabana, depuis la péninsule Hicacos, la baie de Buena Vista et jusqu'à Punta Practicos, sur une distance de 400 km. Une spectaculaire barrière de corail protège l'archipel des fureurs de l'Atlantique, rendant la baignade sûre et agréable. L'îlot dont le développement touristique est le plus rapide, Cayo Coco, est relié à la côte nord par une digue de 23 km de long. Il possède 5 km de plage de sable blanc que vous partagerez avec les crabes bleus géants et les flamants roses. Ses eaux bleues et claires en font le paradis des plongeurs avec leur tuba qui évoluent parmi les poissons tropicaux. Le minuscule Cayo Guillermo, au large de Cayo Coco, est situé à moins d'un kilomètre du récif de corail. La plus grande des îles de Camaguëy, Cayo Romano est plate - à l'exception de trois petites collines - couverte de forêts, de marais salants et de points d'eau douce. C'était jadis un repaire de pirates. Des zébus à bosse et un troupeau de chevaux sauvages peuplent l'île: ils seraient les descendants d'animaux qui nagèrent jusqu'à ces rivages à la suite d'un naufrage au XIXe siècle.

Santiago de Cuba
Capitale de l'Oriente, à l'extrémité sud-est de l'île, Santiago de Cuba est lovée entre la Sierra Maestra et la mer des Antilles. Après avoir bâti sa fortune sur l'or et le cuivre, c'est aujourd'hui au café, au tabac et au sucre qu'elle doit son importance. Deuxième ville après La Havane, Santiago avec son orgueil bien à elle se vante de posséder les plus belles femmes de Cuba, les combattants les plus courageux et, de façon générale, les citoyens les plus malins et les plus gais de toute la nation - ce qu'elle prouve de façon éclatante à chaque carnaval estival.

Au cœur de cette cité coloniale, près du Parque Céspedes, se dresse la Casa Velázquez. Cette demeure historique, fondée en 1516 et résidence du premier gouverneur de Cuba, Diego Velázquez (à ne pas confondre avec le peintre) est la plus ancienne maison espagnole d'Amérique latine. Elle abrite aujourd'hui le Musée colonial, avec sa magnifique collection de meubles en bois précieux et la petite forge où les Espagnols fondaient l'or pour en faire des lingots.

Tout près de là, la cathédrale Santa Iglesia est un imposant édifice bâti quelques années seulement après la fondation de la ville, mais incendié à plusieurs reprises par les pirates ou lors de tremblements de terre, avant d'être restauré en 1932. Elle fut le siège d'un archevêché régissant la Floride et la Louisiane. Elle a conservé aujourd'hui un bel ensemble de stalles dans le chœur et abrite un musée. L'Ayuntamiento (Hôtel de Ville) à la paisible façade néo-classique fait face à la cathédrale. Et depuis toujours, les affaires politiques de la ville sont disséquées par ses citoyens les plus respectables depuis les fauteuils de la terrasse du vieil Hotel Casa Grande. Suivez la Calle Heredia, qui sépare la cathédrale et le Parque Céspedes. Très animée, cette rue bordée de plusieurs demeures intéressantes doit son nom au poète José Maria de Heredia qui naquit là en 1803. Le week-end, la rue est fermée au trafic et transformée en pont de danse en plein air.

Tout près de là, la Plaza de Dolores avec ses maisons coloniales aux balcons travaillés est particulièrement attachante. Au sud de Calle Heredia dans la direction du port, vous tomberez sur Calle Pico, la plus vieille rue de la ville, dont les nids de poule et les maisons délabrées n'enlèvent rien au charme désuet. Dominant l'entrée du port, le Castillo del Morro, bâti vers 1640 pour défendre la ville contre les pirates français, offre une vue saisissante de Santiago. C'est dans cette rade que les Américains coulèrent la flotte espagnole en 1898, mettant un terme à une colonisation pour en préparer une autre. Le principal bâtiment historique moderne de Santiago est la caserne Moncada, transformée en Museo histórico 26 de Julio; elle expose documents, films et photos relatant l'attaque manquée d'une place forte de Batista en 1953 qui jeta Fidel Castro et ses partisans sur la voie de la révolution.

A l'ouest de la ville, la Sierra Maestra est un spectaculaire but d'excursion. Le Pico Turquino (2005 m) est le point culminant de l'île. Au cours des siècles, ce cadre champêtre fut le théâtre de luttes sanglantes entre insulaires et colonisateurs. C'est dans ces montagnes également que Fidel Castro et Che Guevara organisèrent la guérilla qui devaient leur apporter la victoire en 1959. Détendez-vous ensuite sur deux des plages: Siboney, à l'est de l'aéroport, qui tire son nom des premiers habitants de l'île, et, à l'ouest en direction de la Sierra Maestra, Caletón Blanco.Si vous avez la chance d'être là à la fin du mois de juillet, ne manquez sous aucun prétexte le carnaval de Santiago, qui a lieu juste après la zafra, la récolte de la canne à sucre. La fête bat son plein plusieurs jours: danseurs et musiciens se mêlent à la foule des spectateurs qui forment ensemble le plus vibrant des défilés.

Parc national Baconao
Protégé par l'UNESCO comme réserve de la Biosphère, Baconao couvre 800 km² entre les montagnes de la Sierra Maestra et la mer des Antilles. Le plus grand des parcs nationaux cubains, il comprend le parc Gran Piedra, situé à une altitude de 1250 m. De la plate-forme d'observation, vous pourrez par temps clair voir la Jamaïque au sud et Haïti à l'ouest. Le Gran Piedra est en fait un gigantesque rocher de 25m de haut et de 51m de long, pesant plus de 63000 tonnes; il serait le vestige érodé d'un ancien volcan. Le biotope unique du parc a permis le développement d'une végétation extraordinairement variée - fougères géantes et orchidées sauvages exotiques poussant dans le Jardin botanique, mais aussi vergers de pommiers et de poiriers. Les amateurs d'avifaune admireront le minuscule colibri de Cuba, le rossignol et le fameux tocororo. Emblème du pays, c'est un oiseau au bec dentelé et au brillant plumage aux couleurs du drapeau cubain - bleu, blanc, rouge. L'arbre - fétiche de l'île est le palmier royal, et la fleur nationale la blanche et parfumée mariposa (jasmin papillon), symbole de la rébellion durant les guerres d'indépendance du XIXe siècle.

La Isabelica est l'ancienne résidence d'un planteur de café français qui s'établit ici en provenance d'Haïti au XIXe siècle. Actuellement un musée, elle expose des meubles coloniaux français, des outils de ferme et les pièces issues de fouilles archéologiques effectuées dans la région. Grande favorite des enfants, la Vallée Préhistorique est un parc rempli de modèles grandeur nature de dinosaures et autres créatures préhistoriques qui vivaient sur l'île bien avant sa "découverte" par les Indiens Taïno, les Espagnols et les Américains. On peut aussi pêcher, faire de la plongée avec tuba et pratiquer les sports nautiques depuis les plages de Juragua, Damayajaba, Sigua et Cazonal.

La baie de Guantánamo
La célèbre base navale américaine, occupant une surface de 116 km² à l'extrémité sud-est de l'île, est interdite aux touristes, mais on peut la voir depuis les hôtels du port tout proche de Caimanera. La région de Guantánamo entourant la baie fut colonisée au XIXe siècle par des planteurs de café et de sucre français fuyant les révoltes d'esclaves en Haïti. Jadis surnommée le "Pearl Harbor de l'Atlantique", la base de Guantánamo fut louée aux USA en 1903 par la jeune République de Cuba après la fin de la domination espagnole, et le bail reconduit en 1934. Il ne peut être abrogé que par consentement mutuel. Depuis 1960, refusant le loyer de pure forme de 5000$, Cuba a dénoncé en vain la présence américaine comme une insulte à sa souveraineté. Récemment, en plus d'un poste d'observation des activités cubaines, la base sert à contrôler l'afflux de réfugiés haïtiens en route vers la Floride.

Guardalavaca
Cette station touristique naissante de la côte nord est proche de l'endroit où Christophe Colomb aperçut pour la première fois Cuba. Elle se trouve à 55km au nord-est de l'aéroport de Holguín, capitale de la province principale productrice de sucre et de nickel de l'île. La station, qui peut être étouffante en été, est réputée pour ses eaux chaudes (25 °C) et calmes, en raison de la présence à 300 m au large de la barrière de corail. Les terrasses des restaurants donnent sur des falaises spectaculaires à la végétation luxuriante. Les plus belles plages de la côte sont à l'ouest de Guardalavaca, à Playa Blanca et Don Lino. Les plongeurs avec tuba préféreront Boca de Esponjas, El Salto et Cañon de los Aguajies. Pour de superbes parties de pêche en haute mer, gagnez Cayo Saetia, ravissante petite île ourlée de merveilleuses plages au fond de petites criques, où vous pourrez griller vos prises sur des barbecues.

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