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Chine
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Beijing
Visiter Beijing est exténuant mais on en ressort enrichi. Partout s'y côtoient l'antique splendeur impériale et un dynamisme moderne irrésistible. Le cœur historique de Beijing se composait de trois cités rectangulaires imbriquées les unes dans les autres et entourées de murailles, ainsi que de la Cité extérieure, située 8 km plus au sud. Tous les remparts ont disparu, sauf ceux qui protègent le saint des saints, la Cité interdite.

La place Tiananmen, l'une des plus vastes du monde, occupe 40 hectares au cœur de la capitale. Durant la Révolution culturelle, près d'un million de Gardes rouges avaient l'habitude de s'y réunir en chantant. En 1989, elle focalisa l'attention du monde entier lors des manifestations estudiantines et de leur tragique répression. Le pompeux édifice de style soviétique qui limite Tiananmen sur le côté ouest est le palais de l'Assemblée du Peuple (1959), d'où les dirigeants haranguent les foules lors des grands meetings populaires. En face, deux musées retracent l'histoire du pays et de la révolution.

Près de l'angle sud de Tiananmen, une laide boîte grise défigure la place. C'est le mausolée de Mao Zedong, hâtivement construit en 1976 pour accueillir le corps embaumé du Grand Timonier.

La Cité interdite (Gugong), qui resta fermée au commun des mortels pendant près de 500 ans, est à présent appelée Palais Musée. A l'intérieur des murailles se dressent quelques 800 édifices, petits et grands, érigés essentiellement entre 1406 et 1420. En règle générale, les touristes accèdent à la Cité interdite par la porte Méridienne (Wumen), dans la muraille sud. Cette massive structure, édifiée au XVe siècle, était réservée à l'empereur, qui apparaissait à son balcon lors des cérémonies officielles.

La porte suivante, celle de l'Harmonie parfaite (Taihemen), est flanquée d'énormes lions de bronze. Derrière la porte s'étend un espace encore plus vaste où toute la cour impériale - jusqu'à 100 000 personnes - pouvait se réunir. Face à cet immense rectangle se dresse le palais de l'Harmonie suprême (Taihedian), le plus grand édifice de la Cité interdite, où avaient lieu les couronnements et autres grandes cérémonies. Puis vient le palais de l'Harmonie moyenne ou complète (Zhonghedian), utilisé pour recevoir les délégations, notamment étrangères, et pour saluer la famille impériale au grand complet. Le dernier du groupe est le palais de la Préservation de l'Harmonie (Baohedian).

Le parc Jingshan - aussi appelé la colline du Charbon parce que les réserves de combustible des palais étaient entreposées à son pied - est le lieu le plus élevé du vieux Beijing. Il culmine à 90 m au-dessus des plates étendues situées au nord de la Cité interdite.

Au nord de la colline du Charbon, prolongeant l'axe qui traverse la Cité interdite, deux massifs édifices Ming se détachent de leurs voisins.

Au sud de la Cité interdite, s'étend un espace aussi vaste que celle-ci, le complexe du temple du Ciel.

Des collines boisées et un lac, à 16 km au nord-ouest de la Cité interdite forment le décor du palais d'Eté (Yiheyuan) bâti pour l'impératrice Cixi dans les années 1880.
A peu près à l'époque où les Ming se déplacèrent vers le nord de Nanjing à Beijing, le troisième empereur Ming, Yongle, fit rechercher un site propice à l'établissement de son tombeau. En 1407, il choisit la vallée de Shisanling, à 40 km au nord-ouest de Beijing, où lui-même et 11 de ses 12 successeurs furent inhumés. Une splendide porte en marbre du XVIe siècle garde la Voie sacrée qui mène aux tombeaux.
Seuls deux tombeaux sont ouverts au public. Le mausolée le plus vaste et le plus ancien, appelé tombeau de Changling, est celui de Yongle. Une succession de cours, terrasses de marbre et bâtiments impériaux donnent sur la grande salle des Faveurs éminentes, une des plus vastes structures en bois de Chine.

La Grande Muraille
Du rivage de la mer Jaune au désert de Gobi, la plus colossale construction du monde s'étire à travers des collines arides et au flanc des montagnes sur plus de 5000 km, justifiant son nom chinois de Muraille des Dix Mille Li (un li équivalant à 500 m). Il ne s'agit pas d'une simple fortification, mais d'un système complexe qui, par places, se divise en deux lignes ou davantage, avec de nombreuses ramifications et des tronçons indépendants.

Son origine remonte à 2500 ans, époque à laquelle les Royaumes combattants commencèrent à ériger des remparts entre leurs territoires respectifs. Le tronçon le plus accessible et le plus visité de la Grande Muraille de Chine se situe à environ 70 km au nord-ouest de Beijing, dans la passe de Badaling. Ce fut le premier à être restauré par la République populaire et ouvert au tourisme organisé, dans les années 1950. Comme tous les sites de Chine qui attirent des foules de visiteurs, il a vu fleurir un vaste campement de stands de souvenirs et de restaurants. Sur le chemin de ronde, qui mesure pourtant 6 m de large, l'affluence est parfois telle qu'il est difficile d'avancer. Si vous avez le temps, persévérez: à environ un kilomètre au nord du point d'entrée, ayant laissé derrière vous la foule, vous découvrirez les vestiges romantiques de la Grande Muraille originelle.

Un peu moins fréquentée que Badaling, Mutianyu, une courte section de la Muraille située dans les collines à environ 90 km au nord-est de Beijing, a été restaurée avec ses imposantes tours de guet. Un téléphérique offre une alternative aux abruptes volées de marches conduisant à l'entrée.

La route reliant Beijing à l'ancienne retraite impériale de montagne de Chengde coupe la Grande Muraille à la passe de Jinshanling, à quelque 150 km de la capitale. Un bref trajet en voiture et une marche sur une piste abrupte vous mèneront au pied d'un tronçon partiellement restauré qui serpente à travers un austère paysage souvent noyé dans les brumes, sans aucun champ cultivé ni habitation en vue. Peu de visiteurs s'aventurant si loin de Beijing, ici, on peut parcourir la Muraille dans une relative solitude.

Xi'an
Le Shaanxi, en Chine centrale, est l'une des provinces les plus dynamiques de cette région de l'intérieur plutôt pauvre. Située à 880 km au sud-ouest de Beijing, sa capitale, Xi'an, fut celle de la Chine durant l'âge d'or de la dynastie des Tang (618-907).

Les remparts que l'on voit actuellement furent élevés au début de la dynastie Ming, vers 1370, puis renforcés et recouverts de briques deux siècles plus tard. De plan rectangulaire, ils s'alignent du nord au sud et d'est en ouest sur une longueur totale de près de 12 km.

A l'intersection de deux des principales artères, la tour de la Cloche date elle aussi des Ming. Cette construction réalisée sans le moindre clou arbore trois élégants toits superposés. Sa galerie porte une cloche en fer du XVIe siècle pesant plus de deux tonnes. Un peu moins haute, la tour du Tambour voisine signalait le couvre-feu le soir et la réouverture des portes le matin.

Non loin de la porte Sud, le Musée provincial du Shaanxi est logé dans un ancien temple confucéen. La plupart de ses galeries sont occupées par la forêt de Stèles, une bibliothèque riche de plus de 2000 stèles et tablettes de pierre. Nombre d'entre elles remontent à la dynastie des Tang et devaient perpétuer les textes et documents historiques de Confucius.

A quelque distance de la porte Sud, la Petite Pagode de l'Oie sauvage date de la fin du VIIe siècle. Elle fait partie d'un temple bouddhique encore en activité. Chaque matin, les moines font sonner une immense cloche de fer que l'on entend dans presque toute la ville. L'aspect déchiqueté de son toit est le résultat d'un tremblement de terre qui détruisit deux de ses 15 niveaux.

La Grande Pagode de l'Oie sauvage, à 3 km au sud-est, construite en brique et en bois forme un élément du plus vaste temple de Xi'an. Bâtie au VIIe siècle pour abriter de précieux manuscrits bouddhiques rapportés des Indes, elle a été reconstruite à diverses reprises.

La ville était depuis longtemps déjà le centre d'un riche gisement archéologique lorsque, en 1974, on découvrit dans la région des milliers de statues en poterie remontant à l'Empire Qin, il y a 2200 ans. Cette armée de guerriers de terre cuite fut aussitôt rangée parmi les merveilles du monde.
En l'espace de deux ans, trois immenses fosses furent mises au jour, contenant plus de 7000 figures de guerriers, un peu plus grandes que nature, avec des centaines de chevaux, généralement disposés en lignes de quatre, répartis parmi eux. Les chars qu'ils tiraient à l'origine étaient en bois et avaient pourri ou s'étaient désintégrés depuis longtemps, mais on en voyait encore l'empreinte dans la terre.
Les statues étaient placées en ordre de bataille dans des fosses de 5 m de profondeur. Des piliers de bois soutenaient un toit de même matière couvert de tentures tissées, d'argile et de terre. Les guerriers n'étaient pas faits d'une seule pièce, mais assemblés à partir d'une moitié inférieure massive, d'un torse creux et d'une tête séparée. Si les corps ont manifestement été produits en masse, les têtes sont toutes subtilement différentes, avec des traits de visage distincts. Peut-être s'agit-il, dans certains cas, de véritables portraits?

Lorsqu'ils furent placés dans les fosses, les guerriers furent dotés d'arcs et de flèches, d'épées et de lances, en bronze et en bois. Des milliers d'armes en bronze ont survécu et certaines sont exposées, de même que deux chars également en bronze, dans le musée proche de la fosse N°2. Le premier est un char de guerre, le second le char personnel de l'empereur; tous deux sont tirés par quatre chevaux de bronze et ont leur conducteur. Nettement plus petits que nature, ils sont sculptés avec un luxe de détails. Comme les guerriers, ils étaient peints à l'origine de couleurs vives dont on peut voir encore aujourd'hui des traces.

Shanghai
Avec une population officielle de plus de 13 millions d'habitants (les chiffres réels sont certainement supérieurs), cette cité dynamique croît à un rythme effréné. Les gratte-ciel jaillissent de terre, surtout à Pudong, de l'autre côté de la rivière Huangpu, en face du Bund historique.

Shanghai fut d'abord un centre de commerce fluvial et côtier. Au XVIe siècle, elle possédait de solides murailles pour se protéger des pirates. Ce fut l'un des cinq premiers ports à s'ouvrir au commerce étranger en vertu des traités des années 1840. Les Anglais, puis les Français et une demi-douzaine d'autres nations obtinrent des concessions (en fait de petites colonies) qui formèrent finalement la concession internationale, plus vaste que la cité chinoise.

Dérivé d'un ancien mot anglo-indien qui signifie berge boueuse, le Bund est le célèbre front de mer de Shanghai sur lequel un imposant cortège d'immeubles occidentaux domine la large et brune Huangpu. L'Hôtel de la Paix, successeur de l'élégant Cathay, à l'angle de Nanjinglu, accueillit à l'aube de la République populaire gros bonnets du parti et délégations étrangères de haut niveau. Traversez le foyer pour découvrir un joyau de l'Art déco très bien restauré et allez prendre un verre à la terrasse du 8e étage, d'où la vue est splendide.

En face de l'Hôtel de la Paix, le parc Huangpu est très fréquenté par les promeneurs et les badauds. On vient s'y faire photographier, jouer aux cartes, se faire couper les cheveux ou pour une consultation médicale. Tôt le matin, il est plein de Chinois pratiquant le tai chi ou dansant. De l'embarcadère voisin, des bateaux vous emmèneront pour une croisière paisible de trois heures au fil de la rivière, longeant les divers quais de chargement, terminaux de porte-conteneurs et chantiers de construction, jusqu'à l'embouchure de la Huangpu dans le delta du Yangtsé, si large qu'on dirait la haute mer.

Contrastant vivement avec le Bund, la nouvelle zone franche de Pudong rivalise avec Hong Kong et Singapour. Jaillissant d'anciennes terres marécageuses se dressent des tours futuristes et des flèches de verre teinté et de métal étincelant de 90 étages et plus. Ces hôtels internationaux parmi les plus hauts du monde, ces immeubles de bureaux et d'appartements sont jusqu'à présent dominés par la tour de la TV Oriental Pearl (468 m), sorte d'aiguille fichée dans un groupe de sphères (les perles).

Courant à l'ouest depuis le Bund, la rue de Nanjing (Nanjinglu) était l'artère commerciale principale au temps des concessions étrangères. Elle reflète aujourd'hui la conversion de la Chine à la consommation. Ses grands magasins, boutiques de mode, restaurants et éventaires de fast-food à l'éclairage grinçant n'ont rien à envier à ceux de Tokyo ou Hong Kong.

A 2,5 km à l'ouest du Bund, du côté sud de Nanjinglu se trouvent le parc et la place du Peuple. Occupé par un hippodrome jusque dans les années 1930, cet espace accueillit par la suite d'immenses meetings politiques. Depuis, il a été partiellement converti en un parc dont le sous-sol recèle des centres commerciaux. Au sud se dresse le nouveau bâtiment du Musée de Shanghai, dont la forme rappelle celle d'une urne. Ouvert en 1996, c'est l'un des plus grands et des plus riches du pays, avec de prestigieuses collections de céramiques de toutes les époques, de bronzes, de calligraphies et de mobilier, réparties sur cinq étages.

A l'époque des concessions étrangères, la ville chinoise se situait juste au sud du Bund. Elle se fond aujourd'hui dans les quartiers avoisinants, mais, sur les plans de ville, elle apparaît distinctement comme un anneau de rues suivant la courbe d'un antique rempart depuis longtemps disparu.

Les avenues bordées d'arbres de l'ancienne concession française respirent une élégance qui est à nouveau de mode, le quartier devenant l'endroit chic où il faut habiter. Parmi les récents immeubles d'appartements de luxe, on aperçoit encore certaines villas d'origine.

Guilin
Depuis maintenant mille ans, les rivières lisses comme un miroir et les pics sourcilleux de Guilin émerveillent aussi bien les artistes que les voyageurs. Géologiquement, le paysage est un bon exemple de karst - du calcaire érodé par la pluie, les rivières et, dans un passé lointain, l'immersion au fond de la mer.

Il reste peu de monuments historiques à Guilin car la ville fut bombardée puis prise par les Japonais en 1944, mais le cadre est spectaculaire. La rivière Li traverse le centre, les collines enserrent la ville et nombre d'entre elles ont été aménagées en parcs publics. Un réseau de sentiers conduit à une douzaine de grottes, à d'étranges formations rocheuses et à d'antiques inscriptions calligraphiques.

Pour un superbe panorama de toute la région, prenez le télésiège jusqu'au sommet de Yaoshan. Les plus sportifs graviront le Fuboshan, passant devant des centaines de statues de Bouddha gravées dans le roc il y a mille ans. Un peu plus au nord, Diecaishan (la colline du Brocart plié) se dresse à 223 m. Depuis Nayunting (le pavillon Attrape-nuage), vous apercevrez toute la ville.

Le parc des Sept Etoiles, sur la rive orientale de la Li, tire son nom de sept pics disposés comme la constellation de la Grande Ourse. L'endroit est émaillé de temples, pavillons, gravures rupestres et grottes. La plus grande (la grotte aux Sept Etoiles) est remplie de formations variées. Si vous n'en visitez qu'une, optez pour Ludiyan (la grotte des Flûtes de roseau), dans les faubourgs nord-ouest de Guilin. Utilisée comme abri anti-aérien durant la dernière guerre, c'est aujourd'hui une attraction majeure, avec sa forêt de stalactites et stalagmites aux noms poétiques et sa saisissante grande salle, baptisée palais de Cristal.

Le clou d'une visite à Guilin est une excursion sur la rivière. Tous les matins, une procession de larges bateaux à fond plat descend vers le sud jusqu'à Yangshuo, à 83 km en aval. Le spectacle ininterrompu de la vie quotidienne le long des berges est fascinant: femmes lavant leur linge, enfants et buffles domestiques se rafraîchissant dans la rivière, paysans travaillant dans les rizières. Sur l'eau, de petits bacs naviguent en tous sens et des pêcheurs, sur leurs radeaux de bambou, se font aider de leurs cormorans apprivoisés, munis de colliers qui les empêchent d'avaler leur prise. A Guilin même, cette technique est présentée en spectacle pour les touristes.

Suzhou
Sillonnée de canaux et entourée de douves, l'antique cité de Suzhou s'étend à 84 km à l'ouest de Shanghai, dans la plate et fertile province du Jiangsu. Le vieux centre de Suzhou est aujourd'hui charmant, avec ses paisibles canaux, ses ponts pittoresques, ses marchés et ses petites maisons. Malheureusement, une bonne partie du quartier est menacée de destruction et sera remplacée par de nouveaux immeubles chers (mais bas, piètre consolation) que les résidants actuels n'auront certainement pas les moyens d'habiter.

Suzhou est célèbre pour ses jardins créés par des mandarins érudits et artistes, essentiellement sous les Ming et au début des Qing, quelques-uns étant même antérieurs. Couvrant 4 ha d'étangs et de pavillons, de groupes de rochers et de sentiers, le jardin de l'Humble Administrateur, dans la partie nord de la vieille ville est le plus vaste de Suzhou. A l'angle sud-est, celui du Maître des filets, plus petit mais bien plus ancien, tire son nom de son fondateur du XIIe siècle, un politicien à la retraite qui choisit de mener une vie de simple pêcheur. Il fut restauré au XVIIIe siècle, et devint, dans les années 1920, la maison de deux artistes et de leur tigre domestique!

Au sud-ouest de la vieille ville, Panmen (la porte de Pan) est le dernier vestige de l'ancienne muraille. Des rampes de pierre mènent au sommet, où l'on peut faire quelques pas. Pour une bonne vue du quartier et du trafic sur le canal, gravissez les marches du pont de Wumen, juste au sud de la porte.

Une section du Grand Canal passe à l'ouest de Suzhou. Sur la rive se dresse le temple Hanshan (de la montagne Froide). De grandes foules s'y pressent le soir du Nouvel-An (occidental et chinois). L'arche élégante du pont Feng (Fengqiao) est un autre point de repère très populaire.

Guangzhou
Lorsque le premier empereur Qin annexa la côte sud de la Chine au IIIe siècle av. J.-C., Guangzhou était déjà un port important. Dès le VIIe siècle de notre ère, elle commerçait avec l'Asie du Sud-Est, les Indes et plus loin encore. Les étrangers l'appelaient Canton, leur version du nom de la province, Guangdong.

La ville s'étire le long de la rivière des Perles, essentiellement sur la rive nord, à 60 km de la mer. L'un des points de repère est la Huata ou pagode des Fleurs (58 m de haut), aussi appelée pagode Ornée, qui se dresse sur le site d'un temple du VIe siècle érigé pour accueillir des reliques du Bouddha ramenées des Indes. On peut gravir ses dix-sept étages, dont neuf seulement sont visibles de l'extérieur. A quelques pas vers l'ouest, se trouve le temple Guangxiao, le plus ancien sanctuaire bouddhique de la ville (Ve siècle).

Erigée par des marchands musulmans, la mosquée Huaisheng possède un minaret qui date probablement du VIIe siècle. Cette haute tour ronde et élancée dans le style arabe (très inhabituel en Chine) ressemble à un phare et joua ce rôle à ses débuts, quand la rivière des Perles coulait nettement plus près qu'aujourd'hui.

L'imposant bâtiment aux toits en tuiles vernissées bleues du mémorial Sun Yatsen, un auditorium de près de 5000 places, se dresse à l'endroit où le leader révolutionnaire proclama la République. Juste au nord, dans le parc Yuexiu, la tour Zhenhai, qui faisait partie sous les Ming des remparts de la ville, abrite aujourd'hui le Musée municipal, dédié à l'histoire et à l'art de la région.

A l'ouest du centre-ville sur Zhongshanlu, le temple de la famille Chen fut édifié par le riche clan des Chen à la fin du XIXe siècle. Dans une débauche de couleurs, de dorures et de sculptures élaborées, les bâtiments accueillent aujourd'hui des expositions d'art et d'artisanat local, notamment les brillantes étoffes des tribus de Chine méridionale.

Hong Kong
L'île stérile acquise par les Anglais en 1841 après la première guerre de l'Opium a fait du chemin. La péninsule de Kowloon, sur le continent, fut ajoutée à la colonie en 1860. Puis, en 1898, la Chine octroya à la Grande-Bretagne un bail de 99 ans sur les Nouveaux Territoires et sur 235 îles, multipliant par dix la superficie de la colonie qui dépassait désormais les 1000 km². En tant que port franc, Hong Kong annexa rapidement une bonne partie du commerce d'import-export du sud de la Chine.

Un peu avant 1997, Anglais et Chinois convinrent que l'accord de rétrocession n'engloberait pas seulement les territoires concernés par le bail, mais toute la colonie. Voyant en Hong Kong le catalyseur de la modernisation de l'économie du continent, le pragmatique Deng Xiaoping garantit que Hong Kong demeurerait une enclave capitaliste, avec sa propre monnaie, ses lois et la liberté d'expression et de déplacement. "Un pays, deux systèmes", telle fut la promesse, jusqu'ici tenue.

Le cœur de la ville (Central District) s'étend du terminal du Star Ferry, gagné sur la mer, aux pentes douces qui remontent vers l'intérieur de l'île. Entourés de gratte-ciel, les vastes espaces de Statue Square et de Chater Garden offrent un répit agréable, avec leurs bancs ombragés. Le côté sud de la place est dominé par l'imposant siège de verre et d'acier de la Hong Kong and Shanghai Bank. Un peu plus à l'est se dresse, encore plus haute, la tour de verre bleuté de sa rivale la Bank of China, de l'architecte sino-américain I.M. Pei.

En remontant Garden Road depuis la tour de la Bank of China, vous arriverez à la tête de ligne du Peak Tram, un funiculaire datant de 1888 (mais entièrement reconstruit) qui gravit le plus haut sommet de l'île, Victoria Peak. En chemin, vous découvrirez des immeubles d'appartements toujours plus chics, puis de luxueuses villas, l'altitude étant ici le signe de la richesse et de la réussite sociale. Le pic lui-même, qui culmine à 550 m d'altitude, est hélas défiguré par un hideux centre commercial et de divertissement en béton, mais la vue depuis le sommet vaut le voyage.

Dans Central West, à l'ouest du débarcadère du Star Ferry, se trouve le principal point de jonction des transports publics de l'île, le nouveau train vers l'aéroport de Chep Lap Kok, le MTR (Mass Transit Railway) et les bus. Les rues voisines ne se prêtent pas à la balade; les piétons sont canalisés sur des passerelles aériennes menant directement aux gratte-ciel de bureaux et aux centres commerciaux.

Vers l'intérieur, juste derrière Des Vœux Road s'amorce la plus longue chaîne d'escalators et de tapis roulants du monde, partant à l'assaut des pentes jusqu'aux "Mid Levels" résidentiels. Jusqu'à 10 h du matin, le "travelator" fonctionne dans le sens de la descente, encombré des pendulaires et des domestiques se rendant dans les magasins. Le reste de la journée, il monte. Le système s'interrompt sur Hollywood Road, réputée pour ses boutiques d'antiquités.

Le front de mer s'incurve à l'est de Central le long de Wanchai, au-delà du gigantesque centre d'expositions sur sa presqu'île artificielle. Quartier mal famé dans les années 1980, Wanchai possède toujours d'innombrables bars et restaurants, mais ils sont aujourd'hui dominés par une muraille d'immeubles de bureaux. Causeway Bay, où les terres asséchées gagnent sur la mer, regroupe les meilleures boutiques et le plus riche éventail de restaurants de toute l'île.

Sur la côte sud profondément découpée, le port d'Aberdeen est envahi de sampans et de jonques, mais, depuis qu'un malheureux incendie a ravagé les embarcations serrées les unes contre les autres, la plupart des bateliers se sont réfugiés dans d'immenses barres d'immeubles. Vous pouvez prendre un sampan pour longer les quelques anciennes péniches encore habitées ou gagner un restaurant flottant.

Le Tibet
Protégé par la forteresse de l'Himalaya, le Tibet est surnommé Shangri-La, "pays des Neiges" ou "Toit du monde". De 1950 à 1970, les Chinois l'ont envahi et ont condamné son guide spirituel et 100 000 intellectuels à l'exil, causé la mort de 1,2 million de ses habitants et détruit la majeure partie de son héritage culturel. A son ouverture, dans les années 80, le Tibet n'était déjà plus ce royaume bouddhiste magique.

Lhassa, coeur et âme du Tibet, demeure ancestrale des dalaï-lamas, continue de faire l'objet d'ardents pèlerinages. Le majestueux palais du Potala, forteresse blanche et ocre, est l'emblème des merveilles de cette cité sainte. Mais le centre spirituel de la cité est le temple du Jokhang, sanctuaire très actif. Au Barkhor, circuit de pèlerinage, l'effervescence médiévale des pèlerins, les artistes de rues sont aussi merveilleux.

Shigatse, la deuxième ville du Tibet, abrite le monastère du Tashilhunpo, siège du panchen-lama, réincarnation d'Amitabha (le plus populaire des bouddhas du mahayana) et seconde autorité tibétaine après le dalaï-lama. Il compta jusqu'à 4 000 moines alors que seulement 600 y vivent aujourd'hui. Ce monastère est célèbre pour sa gigantesque statue de Bouddha (27 m de haut) et sa grande salle renfermant le mausolée du 4e panchen-lama, dont le stupa est recouvert de 85 kg d'or et de pierres précieuses.

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